Si la cathédrale bénéficiait d’un classement du ministère de la Culture, elle ne serait plus considérée uniquement pour sa valeur strictement religieuse, mais aussi pour son patrimoine historique, artistique, architectural et paysager.
Si la cathédrale bénéficiait d’un classement du ministère de la Culture, elle ne serait plus considérée uniquement pour sa valeur strictement religieuse, mais aussi pour son patrimoine historique, artistique, architectural et paysager.

Cathédrale de Rimouski: Harold LeBel interpelle la ministre de la Culture

Le député de Rimouski interpelle la ministre de la Culture et des Communications afin d’analyser la possibilité de formuler un avis d’intention de classement de la cathédrale de Rimouski, fermée depuis six ans. Dans une lettre adressée à Nathalie Roy, Harold LeBel lui rappelle que «le plus grand symbole patrimonial de Rimouski» est assez similaire à l’église du Très-Saint-Sacrement à Québec, pour laquelle elle a signé un avis d’intention de classement.

Selon le député, la cathédrale fait partie intégrante, tout comme l’église du Très-Saint-Sacrement, de la vie des citoyens de sa communauté respective, à la différence que l’édifice de Rimouski est encore plus vieux puisqu’il date de 1854. «La cathédrale a vu évoluer le Rimouski moderne, tout d’abord en étant témoin de la transformation du petit village en capitale régionale, écrit M. LeBel. La cathédrale a aussi été un symbole de résilience à plusieurs reprises dans l’histoire de la ville de Rimouski. On peut notamment penser aux efforts des Rimouskoises et des Rimouskois qui ont sacrifié beaucoup pour se doter de ce grand bâtiment au 19e siècle. Aussi, il est l’un des seuls bâtiments de la partie ouest de la ville qui a survécu au feu de 1950 qui a rasé une grande partie de la ville. On pourrait aussi souligner le fait que la cathédrale de Rimouski a été le théâtre de plusieurs rassemblements qui ont défini ce qu’est devenu le Bas-Saint-Laurent et le grand Rimouski d’aujourd’hui.»

Une autre différence entre les deux bâtiments religieux, c’est qu’il n’a jamais été envisagé que la cathédrale de Rimouski soit démolie, tandis que l’église du Très-Saint-Sacrement était vouée à passer sous le pic des démolisseurs. «Ici, il y a beau ne pas avoir de consensus, mais personne ne veut la mettre à terre, précise Harold LeBel au bout du fil. Ce n’est pas une hypothèse qui est en vue.»

Reconnaissance souhaitée

Actuellement, la cathédrale de Rimouski ne peut profiter d’aucun programme de soutien financier. Cependant, si elle jouissait d’un classement du ministère de la Culture, elle ne serait plus considérée uniquement pour sa valeur strictement religieuse, mais aussi pour son patrimoine historique, artistique, architectural et paysager. Selon le député, ce serait une reconnaissance pour «l’ampleur de l’impact culturel et historique de l’immeuble». «La cathédrale représente plus que le culte. Elle est simplement le monument le plus important pour la ville de Rimouski par ses attraits historiques, mais aussi culturels, considérant qu’elle abrite un orgue Casavant d’une qualité exceptionnelle et unique au monde.»

La démarche du parlementaire consiste aussi à «lever le drapeau pour dire à la ministre que le projet de la cathédrale de Rimouski est encore là». «Il ne faut pas l’oublier. C’est un projet qui est important pour Rimouski. Si elle a bougé pour l’église du Très-Saint-Sacrement, elle est capable de bouger pour la cathédrale!»

Discorde

Pour que le temple de Rimouski puisse être classé sur le plan du patrimoine culturel, il devra être complètement désacralisé comme l’église du Très-Saint-Sacrement. À Rimouski, une saga perdure depuis six ans entre certains groupes qui veulent sa désacralisation et d’autres qui souhaitent que la cathédrale demeure un lieu de culte. L’archevêché de Rimouski a toujours revendiqué sa désacralisation afin d’en faire un édifice à caractère culturel et communautaire. 

Si M. LeBel ne veut pas se mêler de cette discorde, il n’en demeure pas moins qu’il croit qu’il est grand temps de finir par trouver un projet qui fera consensus. «Ça fait six ans. C’est assez! Il va falloir faire quelque chose et ce n’est pas juste aux Rimouskois à payer tout ça. Si on est capables de mettre de l’argent dans d’autres projets, je pense qu’on est capables de mettre de l’argent dans un projet important pour notre centre-ville et le gouvernement doit répondre présent.»