Le député Harold LeBel en appelle à la bonne foi de toutes les parties pour en arriver à un consensus afin de dénouer l'impasse qui perdure depuis bientôt six ans concernant la sauvegarde de la cathédrale de Rimouski.
Le député Harold LeBel en appelle à la bonne foi de toutes les parties pour en arriver à un consensus afin de dénouer l'impasse qui perdure depuis bientôt six ans concernant la sauvegarde de la cathédrale de Rimouski.

Cathédrale de Rimouski: Harold LeBel en appelle au consensus

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
RIMOUSKI — Pour arriver à dénouer l'impasse dans laquelle se trouve la cathédrale de Rimouski depuis sa fermeture, il y aura bientôt six ans, la solution réside dans la recherche d'un consensus, selon le député de Rimouski. Harold LeBel en appelle donc à la bonne foi des organismes engagés dans le dossier de sauvegarde du temple à travailler main dans la main.

C'est d'ailleurs la condition qu'a imposée la ministre de la Culture et des Communications dans une lettre adressée au député LeBel visant à donner suite à sa demande de classification de la cathédrale à titre d'immeuble patrimonial. Construite en 1854, elle est la deuxième plus vieille au Québec. «L'une des conditions incontournables au succès d'une telle démarche consiste à trouver un usage régulier du lieu qui fasse consensus auprès de la population et des différents intervenants du milieu», écrit Nathalie Roy.

La cathédrale de la discorde

«La ministre de la Culture est ouverte, mais il faut qu'il y ait consensus, rappelle Harold LeBel. Il faut que tout le monde mette de l'eau dans son vin.» Depuis l'automne 2014, la cathédrale a fait l'objet de querelles entre divers organismes et l'archevêché de Rimouski qui ne s'entendent pas sur la vocation à donner au bâtiment religieux, pas plus que sur la responsabilité quant au financement de sa restauration ou de sa transformation. L'archevêché de Rimouski poursuit même le conseil de fabrique Saint-Germain, qui est propriétaire du bâtiment, devant les tribunaux. «Est-ce qu'on continue dans des poursuites judiciaires et à se lancer la balle ou est-ce qu'on s'assoit ensemble pour trouver une solution et un terrain d'entente?, interroge le parlementaire, tout en ajoutant ne pas vouloir se mêler de ce différend. C'est très sensible. Je ne veux pas devenir un autre joueur qui va être pris à partie et qu'on dise que LeBel ne se mêle pas de ses affaires. Sans juger personne, j'en appelle à la bonne foi. Ce que je fais là, c'est mettre une pierre sur quelque chose qui pourrait nous amener à un règlement de dossier où la population serait fière de ce qu'on a fait. Pour le reste, essayons de nous parler!»

«C'est un monument qu'on doit préserver, continue-t-il. Ça fait longtemps que ça dure et ça ne peut plus durer! Je pense que je provoque un «wake up call». La ministre est prête à embarquer, mais la balle est dans notre camp.»

S'il y a un aspect sur lequel Harold LeBel a pu démontrer un consensus auprès de la ministre Roy, c'est la volonté sans équivoque de la population de préserver le symbole emblématique de Rimouski. Selon lui, ce consensus ne fait aucun doute et il est partagé par toutes les générations. Cependant, avec toutes les guerres intestines entre les antagonistes impliqués, il estime que «la population est un peu perdue».

Soutien

Quatre organismes engagés dans le dossier de la cathédrale ont fait parvenir au député une lettre de soutien à sa démarche de demande de classification. Serait-ce déjà une prémisse de consensus? Harold LeBel n'en espère pas moins. «J'étais content de voir que les gens qui n'ont pas les mêmes projets m'ont appuyé dans cette démarche-là. Ça veut dire qu'on est capables de s'entendre. Je les remercie d'avoir participé. Mais maintenant, il faut aller plus loin et quand on aura la réponse de la ministre et des perspectives de développement d'un projet, il faudra s'entendre.» Le député de Rimouski souhaite que les parties puissent se rallier autour d'un consensus dès cet automne.

Dans sa lettre d'appui, l'archevêque parle de «la mise sur pied d'un projet mixte rassembleur». «[…] Cette démarche contribuera à l'unité et à la mobilisation de la population rimouskoise, fière de son patrimoine», croit Mgr Denis Grondin. Pour la fabrique Saint-Germain, il importe de chercher «une harmonisation et une synergie des diverses fonctions que la cathédrale abritera, à savoir le culte, le culturel, le communautaire et le touristique», selon les mots de Jean-Charles Lechasseur. De l'avis du maire de Rimouski, «il s'agit du monument le plus important de la région». «Il fait partie intégrante du caractère culturel, touristique et urbanistique de la ville de Rimouski», écrit Marc Parent. La présidente de la Société rimouskoise du patrimoine, Marielle Esclapez, rappelle que la cathédrale «fait partie de l'identité des Rimouskois et de leur sentiment d'attachement à leur ville».

Pour le député LeBel, il est dommage que la saga entourant le sujet de la cathédrale soit devenu une risée au sein de la population. «Ça a un impact. Auprès des touristes qui sont venus cet été, quelle sorte d'image donne-t-on? Quand on gratte un peu et qu'on parle de toutes les chicanes qui sont derrière ça, c'est encore pire! Je suis comme les citoyens qui regardent ça et qui souhaitent que tout le monde s'entende et fasse quelque chose. Mais, je ne veux pas porter de jugement sur les personnes.»