Des étudiants déposaient samedi des chandelles autour d'une image de Fidel Castro lors d'une vigile à l'université où le leader cubain a étudié le droit, à La Havane.

Castro, un «père spirituel»

Michael Welsh, président de l'Association québécoise des amis de Cuba, se désole que l'image de Fidel Castro n'ait cessé d'être ternie, principalement par les médias occidentaux, depuis son accession au pouvoir en 1959. Au lendemain du décès du révolutionnaire, M. Welsh, «Cubain de coeur», souhaite redonner ses lettres de noblesse à celui qu'il considère comme «un père spirituel».
Q Comment avez-vous réagi en apprenant la mort de Fidel Castro?
R J'ai ressenti beaucoup de tristesse, c'est sûr. C'est un père spirituel pour nous. Mais on est confiants que ses idées vont perdurer dans le temps, notamment celles de justice et de vouloir bâtir un monde meilleur.
Q Que pensez-vous des exilés cubains en Floride qui ont pris part à des marches de joie en apprenant la mort de M. Castro?
R Je pense que les médias montrent beaucoup d'images de ce qui se passe à Miami, mais qu'il s'agit d'une infime minorité. Ils fêtent la mort d'un bonhomme de 90 ans! C'est dommage qu'on focalise [dans les médias] sur les revanchards, parce que dans le monde entier des hommages sont rendus actuellement à Fidel Castro.
Q Qu'est-ce qui lui vaut tous ces hommages, à votre avis?
R Il est un grand défenseur de la justice, et a consacré toute sa vie à son peuple. Si les gens se donnaient la peine de se renseigner, ils réaliseraient tout ce qu'il a accompli. Mais ça, ce n'est pas un point de vue auquel on a accès dans nos grands médias parce que les journalistes ne prennent pas la peine de creuser. [...] Et ce ne sont pas les États-Unis qui ont avantage à ce que le régime cubain soit bien perçu!
Q Que répondez-vous à ceux qui accusent le régime cubain d'atteinte à la liberté d'expression, à la liberté de presse?
R S'il y a un peuple qui est libre, c'est bien le peuple cubain! Cuba est un pays assiégé avec un blocus des États-Unis. C'est une guerre juste pour eux de vouloir se protéger. [...] Les gens qui sont sur place, à Cuba, pour salir l'image, démoniser le chef, ils sont payés par les États-Unis. On ne les envoie pas en prison pour leurs opinions politiques; on les envoie en prison parce qu'ils sont payés par un pays adverse [pour propager une image négative]. C'est certain que ce n'est pas un pays parfait, mais laissez vivre Cuba! Ils ne sont vraiment pas si mal! Il y en a partout, des abus, mais tout compte fait, Cuba est un paradis comparé à bien des pays dans le monde. [...] La seule torture infligée à Cuba, c'est celle de Guantánamo [de juridiction américaine]!