Le refuge de Lauberivière
Le refuge de Lauberivière

Cas de COVID-19 à Lauberivière: encore le syndrome des portes tournantes en santé mentale?

Un autre cas illustrant le syndrome des «portes tournantes» en santé mentale se serait produit au cours des derniers jours à Québec. Encore plus troublant, la personne en situation d’itinérance impliquée était infectée par la COVID-19. Au moins deux policiers du Service de police de la Ville de Québec qui sont intervenus auprès d’elle ont d’ailleurs été mis en isolement préventif.

L’homme en question avait été conduit jeudi par les policiers à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, alors qu’il était en proie à une crise. Il a été libéré le lendemain après-midi, après qu’il s’en fut pris à des membres du personnel de l’établissement, notamment en crachant dans leur direction. 

Il n’a pas été possible de savoir avec certitude si l’homme a été testé pour la COVID-19 au cours de ce premier séjour à l’hôpital. Certaines informations obtenues par Le Soleil veulent que oui, mais que le résultat se serait avéré négatif. D’autres laissent croire que l’homme était suspecté d’avoir contracté la maladie lorsqu’il a été libéré.

Après avoir obtenu son congé de l’hôpital, où il avait été placé sous contention, l’individu s’est retrouvé au refuge de Lauberivière, dont il est un usager occasionnel. Dans la nuit de vendredi à samedi, il a menacé de mettre fin à ses jours, forçant encore une fois l’intervention des policiers. L’homme agité a été ramené à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, où il aurait reçu quelques heures plus tard un résultat positif à la COVID-19.

Tant Lauberivière que le CHU de Québec et le CIUSSS de la Capitale-Nationale ont refusé de commenter la situation, invoquant des motifs de «confidentialité». 

Au CHU de Québec, on indique seulement que, de façon générale, «les patients répondent habituellement à un questionnaire à leur arrivée» à l’hôpital. «En fonction des réponses obtenues, nos équipes déterminent si le patient doit suivre la trajectoire ‘’froide’’, ‘’tiède’’ ou chaude’’. Si le patient doit suivre la trajectoire ‘’tiède’’, c’est le médecin qui juge si le dépistage est nécessaire ou non», précise la porte-parole Lindsay Jacques-Dubé. 

Il n’a pas été possible de savoir auprès du CHU de Québec pourquoi, si l’individu était soupçonné d’avoir contracté le coronavirus, il n’a pas été pris en charge par le CIUSSS et admis dès le vendredi au centre de convalescence aménagé par celui-ci dans les locaux de l’Armée du Salut. 

L’établissement de la Côte du Palais accueille en effet des personnes vulnérables, notamment celles en situation d’itinérance ou aux prises avec des problèmes de santé mentale, qui sont atteintes de la COVID-19 ou qui sont suspectées de l’être. Dimanche, six personnes y étaient hébergées.

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on explique que le centre de convalescence accueille des usagers qui «sont stables mentalement», qui «ne requièrent pas ou plus d’hospitalisation en psychiatrie» et «qui sont volontaires à s’y trouver». 

«Ils peuvent être référés par les équipes externes en santé mentale, les ressources d’hébergement spécialisées, les urgences physiques ou psychiatriques, les unités de soins aigus en psychiatrie ou les responsables de consultation-liaison psychiatriques des unités du CHU ou de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec», écrit le porte-parole Mathieu Boivin.

Dans le cas d’un usager libéré à la suite d’une évaluation pour un problème de santé mentale à l’urgence physique ou psychiatrique, «l’intervenant responsable souhaitant référer l’usager au centre de convalescence doit communiquer par téléphone avec le coordonnateur à l’accès» dudit centre pour valider l’admissibilité de l’usager, précise M. Boivin. 

En fin de semaine, le directeur général de Lauberivière, Éric Boulay, a fait suivre à ses employés un message de la direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale. 

«Comme vous l’avez peut-être appris, une personne en situation d’itinérance qui fréquente occasionnellement Lauberivière a eu un résultat de test positif à la COVID-19», écrit la santé publique avant d’inviter les employés et bénévoles qui ont des symptômes à appeler la ligne COVID. 

La santé publique mentionne aussi que les personnes en situation d’itinérance «qui ont pu être en contact avec la personne malade lorsqu’elle était contagieuse seront également identifiées et contactées, dans la mesure du possible».