Il ne resterait que quelque 75 caribous dans le parc de la Gaspésie.

Caribous de la Gaspésie: un plan de rétablissement à bonifier

SAINTE-ANNE-DES-MONTS – Le ministre Pierre Dufour est débarqué à Sainte-Anne-des-Monts, lundi, afin de présenter son Plan de rétablissement de la population de caribous de la Gaspésie, mais aussi pour entendre les principaux acteurs régionaux. Pour le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, ce plan «peut se moduler et changer». «Il donne le portrait large de la situation, dit-il. Il nous reste à intégrer plein d'idées.»

Le plan de rétablissement ne sera mis en œuvre qu'en 2023. Si certains croient qu'il sera trop tard pour sauver les quelque 75 caribous des Chic-Chocs, le ministre Dufour assure qu'il y aura des actions qui seront posées avant. «Il faut faire du prélèvement : il faut éliminer des coyotes, précise-t-il. Il va falloir peut-être mettre de l'argent plus rapidement là-dedans.»

À la demande du maire de Sainte-Anne-des-Monts, le ministre a consenti à retarder le dépôt de son plan de quatre mois. «Il a respecté sa parole et son engagement de venir consulter les acteurs de différents secteurs d'activités, se réjouit le maire Simon Deschênes. Je salue la venue du ministre.» Même son de cloche du côté du préfet de La Haute-Gaspésie. «Tout le monde est d'accord qu'il faut protéger le caribou, mais est-ce qu'on peut en tirer des éléments positifs pour le développement de La Haute-Gaspésie», s'interroge Allen Cormier.

Outre les activités touristiques dans le parc de la Gaspésie, il a notamment été question de l'industrie forestière. «Il y a trois usines sur le territoire […], note le préfet. C'est important de maintenir une quantité de ressources disponible pour que les usines puissent fonctionner.» Le ministre Dufour a aussi écouté les revendications des chasseurs et des pêcheurs. «Il se vend plus de 20 000 permis de chasse à l'orignal, mentionne M. Cormier. C'est important, si on élargit la bande de protection du caribou, que ça ne vienne pas miner le terrain de jeux des chasseurs!»

Selon les élus, la rencontre n'a pas donné lieu à des confrontations. «On a pu entendre les environnementalistes, les industriels forestiers, les élus locaux et les intervenants du secteur récréotouristique, s'enthousiasme le maire Deschênes. C'est positif d'arriver avec une stratégie commune où tout le monde va y trouver son compte […]!» Son homologue de la municipalité de Saint-Maxime-du-Mont-Louis, Guy Bernatchez, y voit une opportunité «d'amélioration de l'aménagement forestier».

+

INVESTISSEMENT INSUFFISANT?

«L'Alberta met 60 millions $ sur cinq ans dans un plan de rétablissement du caribou, souligne le maire de Sainte-Anne-des-Monts, Simon Deschênes. Pour le parc de la Gaspésie, c'est moins de 100 000 $ annuellement […]. Si on veut avoir une réussite pour sauver la petite bête, ça va prendre des grosses sommes d'argent dans l'équation. Il pourrait y avoir de la création d'emplois reliée à ça.»