La Capitale-Nationale a enregistré mercredi une baisse notable de nouveaux cas de COVID-19 par rapport aux deux jours précédents, passant de plus de 200 nouvelles infections à 132.
La Capitale-Nationale a enregistré mercredi une baisse notable de nouveaux cas de COVID-19 par rapport aux deux jours précédents, passant de plus de 200 nouvelles infections à 132.

Capitale-Nationale: 132 nouveaux cas et un système de santé sous pression

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
À l’image de la province, la Capitale-Nationale a enregistré mercredi une baisse notable de nouveaux cas de COVID-19 par rapport aux deux jours précédents, passant de plus de 200 nouvelles infections à 132. Deux nouveaux décès ont toutefois été rapportés, et la pression reste forte sur le système de santé.

En conférence de presse, mercredi, le premier ministre François Legault s’est d’ailleurs dit inquiet de l’évolution du nombre d’hospitalisations liées à la COVID-19 au Québec. 

«Depuis deux semaines, pas deux mois, depuis deux semaines, on est passé de 168 hospitalisations à 409 hospitalisations. Donc, en deux semaines, on a doublé. Et, on le sait, ce virus-là, sa propagation est exponentielle. Ça veut dire que, si on ne faisait rien, on pourrait penser que, dans deux semaines, on va être à 800 cas hospitalisés puis, dans quatre semaines, à 1600», a dit le premier ministre, qui craint «un risque réel de rupture». 

«Ça veut dire quoi, ça? Ça veut dire des chirurgies importantes qui vont devoir être reportées. Donc, on ne sera pas capable, dans des délais raisonnables, de soigner tous les Québécois», a prévenu François Legault.

Dans la Capitale-Nationale, le nombre d’hospitalisations dans les hôpitaux désignés COVID-19 restait élevé mercredi, alors que 81 personnes infectées (-1) occupaient un lit à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus ou à l’Institut universitaire de cardiologie et pneumologie de Québec (IUCPQ). De ce nombre, 11 se trouvent aux soins intensifs, en hausse de trois par rapport à la veille. 

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on assure que les 81 personnes hospitalisées nécessitent toutes des soins actifs. Une fois leur épisode de soins terminé, les personnes issues de ressources d’hébergement pour aînés retournent dans leur milieu de vie ou sont redirigées vers la nouvelle unité de convalescence du CHSLD Saint-Augustin. 

Avec 50 patients infectés hospitalisés, dont huit aux soins intensifs, la pression est forte sur le personnel de l’Enfant-Jésus et du CHU de Québec. 

«C’est un niveau encore jamais atteint pour le CHU de Québec. Jamais on avait eu autant d’hospitalisations liées à la COVID pendant la première vague, et c’est sûr que ça crée une grande pression sur les ressources humaines», souligne la porte-parole Geneviève Dupuis.

Si les activités n’ont à peu près pas été modulées au CHU de Québec jusqu’à maintenant, elles le seront «très prochainement», dit Mme Dupuis. 

«On va devoir délester des activités, des chirurgies [non urgentes], des rendez-vous ambulatoires moins urgents... Le problème, ce n’est pas le manque de lits, c’est d’avoir assez de personnel spécialisé pour répondre aux besoins», explique Mme Dupuis.


« C’est un niveau encore jamais atteint pour le CHU de Québec. Jamais on avait eu autant d’hospitalisations liées à la COVID pendant la première vague, et c’est sûr que ça crée une grande pression sur les ressources humaines »
La porte-parole du CHU de Québec, Geneviève Dupuis

Actuellement, 73 employés du CHU de Québec sont en isolement en lien avec la COVID-19. L’Hôpital du Saint-Sacrement est aux prises avec une éclosion, qui était sous contrôle aux dernières nouvelles.

À l’IUCPQ, la pression engendrée par la COVID-19 a entraîné la fermeture de deux salles d’opération sur cinq et à la suspension de chirurgies non urgentes jusqu’au 9 octobre. Le manque de personnel spécialisé a forcé l’IUCPQ à suspendre toutes les chirurgies bariatriques et à réduire le rythme des chirurgies cardiaques. 

L’établissement fait face à une éclosion de COVID-19 depuis plus de deux semaines. Selon les dernières données disponibles, 60 employés sont actuellement en isolement (33 sont infectés, les autres sont isolés de façon préventive).

La responsable des communications par intérim à l’IUCPQ, Valérie Lefrançois, a indiqué au Soleil mercredi que des employés commençaient tranquillement à revenir au travail au terme de leur isolement de 10 ou 14 jours, et qu’un nouveau plan de modulation des activités sera mis en œuvre la semaine prochaine en fonction des ressources disponibles.

Actuellement, 31 personnes sont hospitalisées à l’IUCPQ pour des complications liées à la COVID-19, dont trois aux soins intensifs.

Pression sur les laboratoires

La COVID-19 engendre aussi une pression importante sur les laboratoires du CHU de Québec, alors que des retards dans les analyses des prélèvements ont été observés au cours des dernières semaines. 

Au CHU de Québec, on assure toutefois que ces délais sont en voie d’être résorbés. Selon Geneviève Dupuis, actuellement, 95 % des résultats des tests de dépistage sont transmis à la Santé publique ou aux médecins prescripteurs en moins de trois jours, et plus de 99 % le sont en moins de quatre jours. 

La porte-parole du CHU de Québec explique qu’un peu plus de 4000 analyses de tests réalisés entre le 20 et le 24 septembre avaient été confiées à un laboratoire privé à la suite d’une entente avec le ministère de la Santé, mais que ce laboratoire n’avait pas été en mesure de répondre à la demande. «Ça a créé un goulot d’étranglement et un retard dans l’envoi des résultats», précise-t-elle.

Geneviève Dupuis rappelle également que les laboratoires du CHU de Québec sont passés de 600 analyses de tests par jour au printemps à plus de 3000 analyses quotidiennes en moyenne actuellement. «On a augmenté notre capacité d’analyse de façon exponentielle, mais la demande a également augmenté de façon exponentielle, donc on est en ajustement pour répondre à cette demande-là le plus rapidement possible», explique-t-elle.

Mme Dupuis mentionne par ailleurs que les processus de transmission des résultats ont été améliorés, certains problèmes ayant aussi été identifiés de ce côté. «Ils sont maintenant envoyés à la fois par écrit et de façon électronique aux prescripteurs pour s’assurer qu’ils se rendent», précise la porte-parole du CHU de Québec.

Deux nouveaux décès et 102 éclosions

Le bilan de mercredi du CIUSSS de la Capitale-Nationale faisait état de deux nouveaux décès liés à la COVID-19. Une des personnes décédées était hébergée au CHSLD Saint-Augustin, aux prises avec une éclosion, alors que l’autre vivait dans la communauté.

Aucune nouvelle éclosion n’a été rapportée mercredi en milieu d’hébergement pour aînés. Dans les 17 ressources en éclosion, la situation était relativement stable, selon le dernier bilan du CIUSSS. Ensemble, ces 17 résidences privées pour aînés, CHSLD et résidences intermédiaires comptent autour de 390 cas de COVID-19 chez leurs usagers et leurs employés, et totalisent 30 décès.

Le nombre d’éclosions actives continue par ailleurs d’augmenter dans la Capitale-Nationale. Le CIUSSS en dénombrait 102 mercredi dans différents secteurs d’activités, dont plus du tiers dans des milieux de travail. 

Au-delà des soins, le système de santé, c’est aussi le personnel affecté au dépistage et au traçage des cas de COVID-19 et de leurs contacts. Malgré les embauches récentes, la direction de Santé publique de la Capitale-Nationale peine à joindre tout le monde. Elle a d’ailleurs lancé un appel à la population, mardi, en invitant les cas positifs à joindre eux-mêmes leurs contacts étroits à partir de l’outil en ligne Faites équipe avec la Santé publique.

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EN BREF

Capitale-Nationale

  • +132 nouveaux cas de COVID-19, pour un total de 5392 depuis le début de la pandémie
  • 3836 personnes rétablies
  • 232 personnes décédées
  • 81 personnes hospitalisées, dont 11 aux soins intensifs
  • 1324 cas (confirmés) actifs