La nouvelle succursale de la SQDC aura pignon sur rue sur le chemin Sainte-Foy.

Cannabis près des campus: Lightbound ne voit pas de problème

«Les jeunes de 18 à 25 ans sont les plus grands consommateurs de cannabis. À l’heure actuelle, ils n’ont pas de misère à s’en trouver et ça vient du crime organisé.»

Joël Lightbound, député libéral fédéral de Louis-Hébert, croit qu’il faut être réaliste lorsqu’on aborde la légalisation du cannabis et ne pas se mettre la tête dans le sable. C’est pourquoi il ne voit pas de problème avec l’emplacement que la Société québécoise du cannabis (SQDC) a trouvé pour ouvrir une succursale, situé à quelques pas du Cégep de Sainte-Foy, du Cégep St. Lawrence et de l’Université Laval.

«Au moins, à partir de maintenant, l’âge des jeunes va être validé, le produit va être surveillé», assure M. Lightbound. Il explique que l’intention de son gouvernement est «d’évincer le crime organisé», et «de réduire la consommation chez les mineurs». 

M. Lightbound est conscient que les nouveaux cégépiens ont 17 ans pour la plupart, mais il croit que les règles strictes qui encadreront la légalisation du cannabis, effective le 17 octobre, auront un effet dissuasif sur les amis qui voudraient partager un joint avec les jeunes qui sont encore mineurs. «Ceux qui seront pris à vendre ou à donner du cannabis à un mineur s’exposent à une peine d’emprisonnement maximale de 14 ans», rappelle-t-il. 

La CAQ dénonce

Une analyse que n’achète pas Simon Jolin-Barrette, député de la Coalition avenir Québec, qui réclame que la SQDC change d’emplacement pour sa succursale de Sainte-Foy, qui sera située au 2491, chemin Sainte-Foy. «Plus la substance sera accessible, plus il y a des risques de banalisation chez les jeunes», juge-t-il. Selon lui, le gouvernement a «failli à ses obligations» de protection de la santé des Québécois en permettant que la SQDC choisisse d’ouvrir sa succursale aussi près de lieux d’enseignement. 

«Le gouvernement n’a pas voulu nous entendre et il a permis la consommation dans les lieux publics, comme sur les trottoirs. Une fois qu’ils vont être sortis du commerce, les acheteurs vont pouvoir consommer, avec leurs amis de 17 ans à côté d’eux. S’il y a pas une banalisation-là, on se demande c’est quoi», plaide M. Jolin-Barrette. 

Selon lui, la SQDC a «manqué de jugement», en optant pour des objectifs commerciaux au détriment d’objectifs de santé publique, et la ministre déléguée à la Santé publique Lucie Charlebois devrait exiger qu’elle se ravise.

Mme Charlebois n’a pas accordé d’entrevue vendredi, mais elle a rappelé par écrit que «la SQDC est responsable du choix des emplacements, dans le respect des paramètres établis dans la loi». 

Cette loi exige que toute succursale soit éloignée d’un minimum de 250 mètres des écoles primaires et secondaires (ou 150 mètres à Montréal). Il n’y a pas de distance minimale établie pour les cégeps et les universités. Comme des mineurs fréquentent le cégep toutefois, la loi indique qu’il sera interdit de posséder ou de consommer du cannabis lorsqu’on se trouve sur le terrain d’un établissement collégial.