«On ne veut pas produire, vendre et faire de l’argent avec le cannabis. On n’a pas besoin de ça», signale le chef Konrad Sioui.

Cannabis: pas de vente et de culture à domicile à Wendake, dit Sioui

À quelques mois de l’entrée en vigueur de la loi fédérale sur le cannabis, la communauté huronne-wendate de Wendake, près de Québec, ne veut rien savoir de la culture à domicile et de la vente de cannabis sur son territoire. En ce qui concerne la consommation dans la rue, la décision n’est pas encore prise, mais le chef Konrad Sioui entend «protéger les plus faibles».

«On ne veut pas produire, vendre et faire de l’argent avec le cannabis. On n’a pas besoin de ça. On est assez fort pour réaliser nos objectifs et avancer dans la vie sans se servir de ce développement économique, si on peut l’appeler comme ça», insiste le chef Sioui.

La communauté va légiférer dans les prochains mois pour ne pas revivre les mauvaises expériences du passé. «Des gens s’étaient permis de prendre Wendake pour un refuge pour faire pousser du cannabis. On a été obligé de détruire des maisons et faire expulser ces gens-là», rappelle-t-il.

En ce qui concerne la consommation dans la rue, les citoyens de Wendake seront consultés avant de l’interdire ou de l’autoriser. «On est une nation qui a une qualité de vie, on n’empêche pas les droits individuels, mais nos droits collectifs passent avant», souligne Konrad Sioui, qui souhaite avant tout protéger les gens. «C’est une question de civisme», plaide-t-il.

La part du gâteau

Des Premières Nations de Nouvelle-Écosse semblent prêtes à briser le monopole de la province sur la vente de cannabis et ouvrir à la porte à un litige constitutionnel. La Première Nation Sipekne’katik d’Indian Brook compte cultiver le cannabis et le vendre directement aux consommateurs, tandis que celle de Millbrook envisage son commerce au détail.

Or, après la légalisation de la drogue prévue le 17 octobre prochain, le gouvernement néo-écossais confiera sa vente à une société d’État et interdira l’ouverture de boutiques privées. 

Avec la Presse canadienne