Nathaly Dufour, la candidate éconduite, se dit «déçue, mais peu surprise» d’entendre les propos du chef péquiste Jean-François Lisée en forme de soupçons.

Candidate poussée vers la sortie: Lisée laisse planer des soupçons

Jean-François Lisée confirme que sa formation a poussé vers la sortie une candidate à l’investiture de son parti dans la circonscription de Jean-Lesage. Mais le chef du Parti québécois (PQ) nie que ce soit en raison de sa proximité avec la députée indépendante et désormais ex-chef du Bloc québécois que Nathaly Dufour a été écartée, elle qui avait été accueillie à bras ouverts par l’association péquiste locale en avril.

«Lorsqu’on a des candidats qui se manifestent, on fait, et encore plus qu’avant, des vérifications importantes. Notre conclusion, c’est que dans le cadre d’une campagne, il y aurait des éléments qui seraient apparus, qui auraient été problématiques. Lesquels? Je ne vous le dirai pas par respect pour elle», a déclaré Jean-François Lisée mardi.

«Nous faisons des vérifications. On se pose la question : “Qu’est-ce qui peut sortir, puisque les journalistes travaillent très bien et on s’est dit qu’il y avait un risque qu’on ne voulait pas courir?”» a-t-il poursuivi lorsqu’un scribe lui a soumis que ses propos étaient graves pour la personne concernée dans la mesure où il laissait entendre des choses à son sujet sans aller plus loin.

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Nathaly Dufour, la candidate éconduite, se dit «déçue, mais peu surprise» d’entendre de tels propos en forme de soupçons. Peu surprise, car elle ne voit «pas ce qu’il aurait pu invoquer» de concret. 

Elle invite «les représentants du Parti québécois, et son chef Jean-François Lisée, à faire usage de prudence parce que quand on laisse entendre des choses sans les compléter, c’est la machine à rumeurs qui part». Et que sur cette lancée, les représentants du PQ pourraient tenir des «propos diffamatoires», dit cette avocate.

Elle se dit persuadée que sa proximité avec Martine Ouellet, dont elle est attachée politique à l’Assemblée nationale, a joué contre elle. «Les propos de M. Lupien [Alain Lupien, le directeur général du Parti québécois] ont été très clairs : “On ne veut pas de controverses et tout ce qui touche au Bloc québécois, tout ce qui touche à Mme Ouellet, on ne veut pas s’approcher de ça.” Et ça m’inclut moi», soutient Nathaly Dufour en relatant une conversation téléphonique avec le dg.

Elle cherche la raison

Elle ne croit pas que ce soit le fait qu’elle ait traité sur les réseaux sociaux de «mononcle» un député de l’Assemblée nationale; en l’occurrence Yves St-Denis, qui a confirmé avoir envoyé à une employée du Parti libéral du Québec une photo sexuellement explicite. Le porte-parole du Parti québécois, Yannick Grégoire, tient à préciser à ce sujet que jamais le directeur général Alain Lupien n’a cherché à minimiser les gestes obscènes de l’ex-député libéral — ce que n’a pas dit Nathaly Dufour.

Cette dernière ne peut non plus imaginer qu’on lui ait montré la sortie parce qu’elle a déjà partagé dans un groupe confidentiel sur Facebook une petite histoire de l’article 1 du Bloc québécois, qui avait fait un peu de bruit médiatique. Sous ce texte, dans les commentaires, quelqu’un avait écrit que Pinochet serait fier des démissionnaires. Elle a relayé le message principal en précisant que «franchement», elle n’approuvait pas ce commentaire-là.

Mme Dufour dit continuer de chercher la raison de cette décision du PQ, mais n’en voit aucune autre que sa proximité avec Martine Ouellet.

Lundi, elle a fait savoir au Soleil qu’elle retirait sa candidature à l’investiture dans Jean-Lesage, car le directeur général de la formation politique lui a fait comprendre qu’elle n’était plus désirée.

Mme Dufour a déjà été chef intérimaire d’Option nationale. Durant la dernière course à la direction du PQ, elle est passée du camp de Véronique Hivon à celui de Martine Ouellet.