L’Hôtel-Dieu de Lévis pourrait bientôt accueillir un campus satellite de la Faculté de médecine de l’Université Laval. Le projet reste toutefois à être approuvé.

Campus satellite de médecine: Lévis et Rimouski s’affrontent

L’Université Laval souhaite ouvrir un campus de médecine satellite à l’Hôtel-Dieu de Lévis, afin de donner le goût aux futurs médecins de travailler en région. Des médecins de Rimouski estiment toutefois que ce projet leur revient. Si les tensions persistent, c’est la ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David qui devra trancher.

Le projet de l’Université Laval a été ébruité il y a deux semaines, dans une lettre signée par 86 médecins du Bas-Saint-Laurent, mécontents qu’il leur file entre les doigts. 

Rapidement, plusieurs acteurs locaux se sont mobilisés derrière eux, dont le maire de Rimouski Marc Parent et le député de Rimouski Harold Lebel. «On dit qu’on veut décentraliser la formation, mais Lévis, c’est juste l’autre bord des ponts, à 8 km à vol d’oiseau de Québec. C’est pas vraiment enseigner en région ça!» estime le député du Parti québécois. 

La semaine dernière, une délégation de la Faculté de médecine de l’Université Laval s’est déplacée à Rimouski pour tenter de calmer le jeu. 

Lors d’un entretien avec ces médecins, M. Lebel a appris qu’une soixantaine d’étudiants au doctorat en médecine seraient formés dans des nouveaux locaux de l’Hôtel-Dieu de Lévis, pour leurs deux premières années d’étude. Par la suite, pour les deux ans d’externat, ils seraient déployés dans plusieurs hôpitaux des régions de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent et peut-être même de la Gaspésie. 

M. Lebel estime que Rimouski a tout ce qu’il faut pour accueillir ce projet, en plus d’offrir un contexte qui reflète beaucoup mieux la réalité régionale que Lévis. «Il nous faut des maudites bonnes raisons pour laisser passer ça. Pourquoi Rimouski ne serait pas capable de donner les deux premières années d’étude, si de toute façon, il y aura des cours en visioconférence avec Québec?» questionne M. Lebel. 

Le projet est piloté par l’Université Laval, en collaboration avec les Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent. Le député demande aux partenaires d’être transparents et de présenter le projet à la population, avant que tout ne soit signé.

L’Université Laval n’a pas souhaité émettre de commentaires immédiatement, car elle tiendra une rencontre de presse vendredi, afin d’expliquer le projet publiquement pour la première fois.  

Normalement, c’est l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) qui est responsable de la formation universitaire sur le territoire du Bas-Saint-Laurent et de Chaudière-Appalaches. L’UQAR aurait toutefois été mise dans le coup à la fin du processus, l’automne dernier. «Tout n’est pas ficelé encore, tout n’est pas négocié», se contente de dire Jean-François Bouchard, conseiller en communications de l’UQAR.

Trois autres satellites 

Le modèle de campus médical satellite existe déjà au Québec. En 2004, l’Université de Montréal en a ouvert un en Mauricie. L’Université de Sherbrooke a ensuite développé le sien à Saguenay et l’Université McGill en ouvrira un autre en Outaouais d’ici 2020. Le gouvernement a souvent financé ces initiatives qui visent à former des médecins hors des grands centres urbains. 

À la fin avril à Rimouski, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a soutenu sur les ondes de Radio-Canada que Rimouski serait un choix logique pour accueillir un tel campus. Son attachée de presse Catherine Audet a indiqué au Soleil qu’il ne s’agissait toutefois pas d’un appui formel à l’initiative des médecins de Rimouski. 

Le ministère de l’Enseignement supérieur a le projet de campus satellite à Lévis entre les mains depuis le 28 novembre 2017. Celui-ci est toujours analysé par les fonctionnaires, qui se penchent entre autres sur son opportunité socio-économique. La ministre Hélène David, qui n’a pas encore le projet sur son bureau, devra décider si elle l’approuve ou non.