Les campings devraient rouvrir lundi prochain, le 1er juin.
Les campings devraient rouvrir lundi prochain, le 1er juin.

Camping et Cirque du Soleil: du petit et du grand déconfinement

Les campings devraient rouvrir lundi prochain, le 1er juin. On en saura plus mercredi. Mais la question a pris mardi presque autant d’importance que le prêt pouvant atteindre 275 millions $ payé au Cirque du Soleil par le gouvernement Legault.

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon, avait un programme chargé pour son point de presse d’à peine une vingtaine de minutes, mardi, avant la séance parlementaire de l’après-midi.

L’annonce de la réouverture des campings, de certains lieux d’hébergement touristique et de «certaines activités touristiques ciblées», comme les pourvoiries et les marinas, doit se faire mercredi après-midi par la ministre du Tourisme, Caroline Proulx. Les amateurs de camping se sont exprimés haut et fort, depuis quelques semaines.

La nouvelle a été coulée à un média dès mardi. Sauf que des courriels contenant l’information sur l’annonce ont aussi été expédiés par erreur à un média concurrent avant le moment entendu de publication!

Les cadres de cette nouvelle étape de déconfinement demeurent donc flous. Les régions incluses et les consignes imposées ne sont pas encore connues officiellement.

Le tableau de déconfinement publié lundi par le gouvernement du Québec mentionne «hébergement, camping et activités touristiques ciblées phase 1» comme dernier élément à rouvrir pour la date du 1er juin. Reste à savoir si la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et la MRC de Joliette seront ou non exclues de cette réouverture partielle ou complète. La mention de «phase 1» s’avère jusqu’ici une indication d’exclusion de la CMM et de Joliette.

«Une bouffée d’air frais»

C’est le cas pour les centres commerciaux, annonce faite par le premier ministre François Legault lundi et détaillée mardi par le ministre Fitzgibbon. Qui parle d’«une bouffée d’air frais pour les commerçants et pour les employés du commerce de détail». Les centres commerciaux de la CMM et de la MRC de Joliette rouvriront dans la prochaine phase de déconfinement.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) fournit un guide des mesures sanitaires à suivre, comme dans tous les secteurs. «Une liste des vérifications quotidiennes que chaque commerçant et chaque propriétaire de centres commerciaux doivent respecter» sera aussi imposée, ajoute M. Fitzgibbon.

Nombre de clients limités autant dans chaque magasin que dans tout le centre commercial; cloisons de plastique transparent aux caisses, comptoirs et kiosques; restauration seulement pour emporter; sens unique de déplacement dans la mesure du possible; agents de sécurité pour faire respecter les consignes; masque artisanal ici aussi «fortement recommandé».

Le ministre a par ailleurs dit vouloir «établir des procédures pour suspendre, durant la période de COVID, les évictions de locataires [commerciaux] dans les cas de non-paiement de loyer. Dans les semaines qui vont suivre, nous allons mettre en place cette réglementation».

«J’ai été mis au courant que des locataires auraient reçu des avis d’éviction pour non-paiement de loyer durant la crise pandémique. Ce n’est pas nécessairement généralisé, mais je trouve ça inacceptable», a-t-il tranché, rappelant que les quelque 49 000 entreprises des secteurs du commerce et de la restauration font travailler 878 000 Québécois et valent pour 13 % du PIB de la province.

275 M $ au Cirque du Soleil

Le ministre Fitzgibbon en a profité pour annoncer une aide financière gouvernementale pouvant atteindre 200 millions $ américains au Cirque du Soleil, soit plus de 275 millions $ canadiens. L’argent vient d’Investissement Québec. À ce prêt est rattaché le premier droit de racheter l’entreprise, en cas de vente.

Le confinement généralisé sur la planète a causé de graves ennuis financiers au Cirque du Soleil.

L’entreprise née à Baie-Saint-Paul il y a près de 40 ans est dorénavant la propriété du fonds d’investissement américain TPG à 60 %, du conglomérat chinois Fosun à 20 % et de la Caisse de dépôt et placement du Québec à 20 %.

«Les impôts du cirque vont continuer à être payés au Québec et au Canada. Ainsi que le salaire des dirigeants va être très raisonnable, comme on fait dans toutes les situations où le gouvernement s’implique. En ce qui touche les conditions non financières, le siège social et le centre de décisions vont être au Québec. Les brevets et la propriété intellectuelle vont demeurer au Québec et la haute direction va être résidente au Québec. C’est un processus qui est très complexe, et dans les semaines à venir, nous allons voir les actionnaires et faire une proposition», explique M. Fitzgibbon.

«Tant que les actionnaires existants sont là, les conditions vont demeurer, ajoute-t-il. Et nous avons le choix d’acheter le cirque aussitôt que les actionnaires veulent vendre. Mécaniquement, si les actionnaires veulent vendre, on est là, on peut acheter, on est les premiers qu’ils vont venir voir. Sinon, dans le temps, il y a une date où on va racheter.»

La vente du Cirque du Soleil a été évoquée dans les dernières semaines. Son fondateur, Guy Laliberté, envisage d’en racheter une partie, tout comme le grand patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau.

À terme, le ministre Fitzgibbon assure que son gouvernement ne souhaite en rien administrer une entreprise comme le Cirque du Soleil.

70 nouveaux décès

Quant au bilan du jour, le Québec a déclaré 70 nouveaux décès reliés à la COVID-19, mardi. Pile dans la moyenne des sept derniers jours.

Le total des Québécois qui ont succombé au virus s’élève maintenant à 4139.

On confirme aussi 614 nouveaux cas d’infection à travers la province, pour hausser le nombre de cas répertoriés au Québec depuis le début de la pandémie à 48 598.

Du lot, 1403 sont actuellement hospitalisés, statistique en baisse de 22 patients dans les 24 dernières heures. De ces 1403 personnes soignées dans nos hôpitaux pour la COVID-19 en ce moment, 181 sont traités aux soins intensifs, soit deux de plus que la veille.