L’organisme Avec Toute ma tête lance la campagne Jamais sans mon casque.
L’organisme Avec Toute ma tête lance la campagne Jamais sans mon casque.

Campagne Jamais sans mon casque: le vélo très populaire chez les jeunes, mais pas le casque

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
Le vélo a été parmi les grands préférés de l’été. Mais même si plus de jeunes l’ont adopté, le casque, lui, n’est toujours pas considéré comme un «service essentiel». Pour y remédier, l’organisme Avec Toute ma tête lance la campagne Jamais sans mon casque. «On veut faire bouger nos jeunes à tout prix, mais est-ce qu’on peut les faire bouger en sécurité?»

Un casque protecteur ajusté adéquatement permettrait de réduire les risques de traumatismes crâniens et cérébraux graves d'environ 85 %, mentionne le fondateur de l’organisme Avec Toute ma tête, Simon Poulin. Il le sait bien, son fils a lui-même été victime un accident de planche à neige il y a neuf ans. Même s’il a subi de graves blessures, son casque aura contribué à lui sauver la vie, raconte son père.  

Depuis, Simon Poulin a multiplié les initiatives pour sensibiliser la population, mais surtout les jeunes, au port du casque dans les sports. La campagne Jamais sans mon casque pour prévenir les traumas crâniens est lancée depuis jeudi. Une initiative d’autant plus pertinente, croit le directeur, alors que les déplacements à vélo sont de plus en plus populaires. 

«Il y a une tendance au vélo, on développe la mobilité durable et les environnements cyclables. Malheureusement, ils ne sont pas juste cyclables et c’est quand le partage des espaces arrive que surviennent les chutes et les accidents», exprime Simon Poulin.  

Avec Toute ma Tête existe depuis huit ans, mais son fondateur observe que les traumatismes crâniens représentent toujours une des causes de blessures graves et de décès chez les jeunes, notamment lors de sorties à vélo.  

«Les traumatismes crâniens sont des blessures invisibles, mais pourtant bien présentes. Souvent les jeunes ne savent simplement pas c’est quoi, il faut leur montrer que c’est important», résume M. Poulin.  

Le fondateur de l’organisme Avec Toute ma tête, Simon Poulin

«Un casque, c’est cool» 

À Québec, aucune municipalité ne possède à ce jour de règlement rendant obligatoire le port du casque. Un exemple que la capitale devrait prendre sur Sherbrooke ou Côte Saint-Luc, croit-il.  

Pour renverser la vapeur, l’organisme travaille en amont avec les municipalités «pour mieux encadrer les parcs de jeux et peut-être même obliger le port du casque». 

«Nos enfants, on les veut en santé, mais si les aires de jeux et leurs activités ne sont pas sécuritaires, il me semble qu’on passe à côté», questionne Simon Poulin. 

Et son idée semble plaire. «À Saint-Augustin, le maire Juneau a montré une ouverture. Le but ça devient de créer des communautés sécuritaires exemplaires pour qu’il y ait une saine compétition et que d’autres milieux veulent les imiter.» 

Non seulement il souhaite travailler auprès des élus, mais Simon Poulin est clair : il veut surtout sonder la jeunesse, particulièrement les 12-17 ans. Le casque est porté par les plus petits et les plus vieux, ce sont les adolescents qui démontrent le plus de résistance, observe-t-il. «À cet âge-là on prend des risques, mais on veut changer la norme. Ça va devenir cool de porter un casque», espère l’éducateur spécialisé de formation.  

«Il s’agit de savoir pourquoi ils ne le portent pas, qu’est-ce qu’ils aimeraient porter. À l’an quatre, on veut des casques faits maison spécifiquement pour eux», ambitionne-t-il. 

Parce que le changement passe par les jeunes concernés avant tout, répète le directeur et fondateur d’Avec Toute ma Tête. Dans le cadre de la campagne de sensibilisation, les jeunes sont invités à se mettre en équipe et à rédiger un scénario original dans lequel ils encouragent leurs pairs à porter le casque. 

«Ils ont toute la place, il faut que ce soit leur campagne pour qu’ils fassent partie du changement.»  

Avec Toute ma Tête prévoit répéter la campagne Jamais sans mon casque tous les ans, en collaboration avec le gouvernement du Québec et les maisons des jeunes. En 2020, plus de 1200 casques ont été offerts à des jeunes de milieux défavorisés.