Campagne d'appui pour un tunnel Québec-Lévis

La Chambre de commerce de Lévis lance une campagne d'appui à un troisième lien entre Québec et Lévis, idéalement un tunnel. Elle réclame dans un premier temps une étude de faisabilité complète, convaincue qu'il en coûterait moins cher que la première et dernière estimation de 750 millions $. Les partis politiques provinciaux sont invités à se mouiller.
<p>Le tracé d'un éventuel tunnel sous-fluvial Québec-Lévis</p>
Le président Jérôme Jolicoeur a indiqué mercredi que son organisation s'est inspirée du modèle de J'ai ma place, qui a poussé le projet d'amphithéâtre, pour proposer «un visuel» d'un éventuel tunnel sous-fluvial Québec-Lévis. «Maintenant, les gens vont avoir une image à laquelle s'accrocher», espère-t-il. 
La simulation montre le tunnel de 7,1 kilomètres à la pointe ouest de l'île d'Orléans, là où une première étude de Tecsult complétée en 2001 l'avait situé. L'infrastructure relierait l'autoroute 40, qui s'éteint justement en bordure du fleuve, à l'autoroute 20 à Lévis, à la hauteur de la route Lallemand. Six voies de circulation et un tramway y sont dessinés, la Chambre de commerce plaidant pour l'intégration du transport en commun. 
M. Jolicoeur présente le tunnel comme la solution «la moins chère, la moins nuisible au niveau du paysage et la moins nuisible au niveau des navires» pour relier les deux rives du Saint-Laurent. 
La construction a été estimée à 750 millions $ (en dollars de 2001) par Tecsult, qui prévoyait 10 ans de travaux. Invoquant l'évolution des techniques de forage et un précédent en Norvège, le jeune président de la Chambre de commerce croit possible d'abaisser la facture autour de 500 millions $ et de réduire l'échéancier de construction à deux ou trois ans. Un péage pourrait aussi être envisagé. Et encore, c'est sans compter les effets appréhendés sur l'économie régionale et de tout l'est du Québec. «C'est un projet qui pourrait quasiment s'autofinancer», va jusqu'à dire M. Jolicoeur. 
Seule une étude de faisabilité complète pourrait le confirmer, le débroussaillage de 2001 commençant à dater. Les entrepreneurs de Lévis verraient d'un bon oeil qu'elle s'attarde au tracé, aux techniques de construction et aux coûts, mais aussi aux impacts économiques, environnementaux et sur la circulation. Environ 500 000 $ seraient nécessaires pour cette étape. 
Le directeur général de la Chambre, Jérôme Gaudreau, croit que la mise à jour doit être réalisée avant la construction du pont de 400 millions $ promis à l'île d'Orléans, au cas où ce dernier ne serait plus nécessaire. 
M. Jolicoeur n'a pas caché que son regroupement profitait de la campagne électorale provinciale pour que l'idée fasse du chemin. «En langage électoral, il faut que ça spin!» 
Actuellement, seule la Coalition avenir Québec s'est engagée à financer une étude de faisabilité. Le ministre des Transports, le péquiste Sylvain Gaudreault, a redit récemment au Soleil que ce n'était pas sur son radar. Les libéraux ont rejeté le projet quand ils étaient au pouvoir, par la bouche même de celui qui est désormais maire de Lévis, Gilles Lehouillier, qui était député à l'époque. Il se dit maintenant d'accord pour une étude de faisabilité. 
La Chambre, qui se défend de présenter un projet partisan, pense que la pression populaire est le meilleur moyen d'obliger les autres partis à faire ce premier pas. La campagne d'appui lancée mercredi se déploie dans Internet, Facebook et sur les réseaux sociaux. Les citoyens sont invités à faire part de leurs commentaires.