Selon le maire Labeaume, le Québec doit aller plus loin dans sa réflexion, suivre l'exemple de la France et obliger tous les citoyens à se promener à visage découvert dans les lieux publics.

Cagoule ou burqa, du pareil au même pour Labeaume

Le maire de Québec propose au gouvernement provincial de pousser plus loin son projet de loi sur la neutralité religieuse de l'État. Régis Labeaume souhaite qu'il soit formellement interdit de cacher son visage dans l'espace public. Exit la cagoule au même titre que le niqab ou la burqa.
Lundi, M. Labeaume a fait un lien entre les actes de violence d'une poignée de manifestants masqués et le projet de loi sur la neutralité religieuse qui prévoit que les services publics se donnent et se reçoivent visage découvert, à moins d'accommodements jugés raisonnables.
Selon le maire, le Québec doit aller plus loin dans sa réflexion, suivre l'exemple de la France et obliger tous les citoyens à se promener à visage découvert dans les lieux publics. «On ne devrait pas permettre à quiconque de se cacher le visage dans l'espace public. Pour moi, la cagoule d'un casseur de la bande de Jaggi Singh et le niqab ou la burqa, c'est la même affaire», a-t-il lancé.
Plusieurs citoyens partagent son point de vue, dit le maire. «Ça braque les gens. Il fallait parler aux gens pour voir comment ils étaient dégoûtés des cagoulards d'hier (dimanche). Comme ils sont dégoûtés de voir une femme avec une burqa ou un niqab. Ça les agresse.»
M. Labeaume admet que la loi française interdisant la dissimulation du visage, adoptée en 2010, n'est pas facile à faire respecter. «On sait tout ça que c'est compliqué.» Il croit néanmoins au «principe général» et croit que le gouvernement du Québec devrait y souscrire.
Le maire de la capitale s'est par ailleurs montré résigné devant la décision du gouvernement Couillard d'imposer la future loi sur la neutralité religieuse aux municipalités et aux sociétés de transport. «Le premier ministre a dit que c'est pour tout le monde, nous, on ne combattra pas ça», a-t-il résumé.
M. Labeaume a néanmoins déploré que le texte finisse «toujours en disant qu'il pourrait y avoir accommodement raisonnable». Il craint aussi que les villes doivent défendre la loi québécoise devant les tribunaux. «Ce qui nous embête, nous autres les villes, c'est qu'il y a des gens qui vont judiciariser ces cas-là. Ils vont venir les tester à la ville. J'aimerais mieux qu'ils les testent au gouvernement pour pas qu'on soit pris là-dedans», a indiqué le politicien.
La semaine dernière, le maire de Montréal a rouspété publiquement contre le provincial. «Nous sommes aptes à décider comment nos employés vont s'habiller», a jugé Denis Coderre. Il a donné l'exemple d'une femme complètement voilée qui voudrait prendre l'autobus avec ses enfants et s'est demandé si le chauffeur devrait lui refuser l'accès.
Lundi, M. Labeaume a refusé de se prononcer sur pareil cas hypothétique. «Moi, je pense que la femme ne devrait pas avoir de burqa. Ça ne devrait pas être permis dans l'espace public», a-t-il répété.  
Au cabinet de la ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée, le message de M. Labeaume n'a pas trouvé écho. «Le projet de loi ne vise pas l'espace public, mais la prestation de services publics. Pour nous, ce sont deux choses très distinctes», a commenté l'attachée de presse Isabelle Marier-Saint-Onge.
La Ville ne financera pas le Centre de prévention de la radicalisation
Urgent d'ouvrir à Québec une antenne du Centre de prévention de la radicalisation? Pas pour le maire Régis Labeaume, qui considère «ne pas avoir besoin de ça». «Qu'il fasse son travail avec l'argent qu'il a et quand il a des cas, qu'il donne l'information à la police de Québec», a tranché l'élu. La semaine dernière, le directeur général du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV), Herman Deparice-Okomba, a déclaré qu'il était «urgent» de s'installer à Québec, où il souhaite ouvrir un bureau prochainement. M. Deparice-Okomba n'a pas renouvelé directement sa demande de financement municipal, mais le maire de la capitale lui a tout de même répété la réponse donnée en mai. «On n'en a pas besoin. Il a le Québec comme territoire, qu'il fasse son travail.»