La Grande Tablée... Les restaurants qui reprennent de l'espace en s'installant dans les rues 
La Grande Tablée... Les restaurants qui reprennent de l'espace en s'installant dans les rues 

Ça recommence à bouger dans le Vieux-Port

Le quartier du Vieux-Port, cet endroit habituellement bondé de touristes dès le printemps, recommence à bouger avec l’ouverture des restaurants. «Une pompe de désinfectant pour les mains, pas de symptômes, pas de voyages récents? Bienvenue!»

C’est avec cette phrase qu’on accueille les clients un peu partout — si le restaurant n’est pas fermé pour l’été.

Les gérants se réjouissent de voir leur terrasse remplie (même à moitié de sa capacité), par des gens de Québec qui redécouvrent leur quartier, en majorité. «Ils sont solidaires, c’est tellement plaisant», exprime la gérante du restaurant Le Don, Vicky Poulin.

Les Montréalais rendent aussi beaucoup visite, le 514 est bien présent dans le livre de réservations, leur ville est toujours sur pause. Et puis il y a eu quelques tables en anglais, des touristes venus de l’Ontario.

«C’est plaisant ce qui arrive avec la Grande Tablée, le monde arrivait et voulait s’installer. On a sorti le plus de tables dans les rues. Avec la température, on est chanceux. Même que les gens préfèrent avoir plus d’espace», ajoute Vicky Poulin.

Vers midi samedi, lors du passage du Soleil, les rues se remplissaient tranquillement. Quelques soirées achalandées ne feront toutefois pas réapparaitre les chiffres d’affaires habituels, disparus avec l’arrivée de la COVID.

«C’est plaisant les tables dehors, mais on s’ennuie de la file en avant, d’habitude on n’arrête pas», avoue la gérante du Buffet de L’Antiquaire.

Des petits événements comme la Grande Tablée ne feront pas de miracles, mais pourront faire la différence pour beaucoup de restaurateurs du secteur, qui ne verront pas débarquer les bateaux de croisière au port cette année.

Des sourires

Depuis jeudi, les restaurants peuvent s’installer dans la rue. La Grande Tablée du Vieux-Port de Québec leur permet de regagner l’espace perdu dans leur salle intérieure. La circulation automobile est donc bloquée et les rues Saint-Paul (tronçon entre les rues des Navigateurs et Saint-Pierre), Sault-au-Matelot, Saint-Antoine et la Place FAO sont laissées aux commerçants et leurs clients.

«Ça donne de l’espace et ça sécurise les clients, Ça leur fait découvrir le quartier, il est fantastique. Ça fait la différence entre un été correct et une catastrophe... Les marchands du Vieux-Port se fiaient beaucoup aux touristes, il faut redonner le quartier à la population locale», indique Richard Samson, directeur général de l’Association des gens d’affaires du Vieux-Port de Québec

On répètera l’expérience tous les jeudis, vendredis, samedis et dimanches jusqu’au 27 septembre.

«C’est une initiative de la ville qu’on apprécie vraiment, plusieurs fonctionnaires ont travaillé fort pour permettre ça. D’habitude, chaque commerçant doit avoir son permis et ça devient compliqué. Tu vois l’été s’en venir, les hôtels et les rues sont vides... ce n’est pas drôle. Mais il y a de la lumière au bout du tunnel. Après ce qu’on a vécu, on voit finalement des sourires», ajoute M. Samson.

Les premiers jours de l’événement ont été un succès.

Les restaurants gagnent de l'espace 

Un secret qui n’est plus caché

La Cour arrière du Festibière a longtemps été un secret bien gardé. Maintenant, l’endroit est très populaire... Un beau problème pour la jeune équipe.

«En temps normal, c’est 50 % de touristes et 50 % de gens locaux… Là c’est 100 % local. Et on est plein tous les soirs. Ça explose! Ils redécouvrent leur ville. Le Vieux-Québec est une des plus belles places au monde, les gens ont tendance à l’oublier», exprime le gérant de la cour, Jocelyn Gagné.

Deux membres du personnel utilisent leur temps seulement pour assurer les consignes de santé publique : ils mesurent la distance entre les tables chaque matin et s’assurent que tous se désinfectent les mains, entre autres. Si les clients refusent, ils n’entrent pas dans la cour.

«Le monde est compréhensif, ils sont super heureux d’être déconfinés. Par contre, clairement les règles doivent être répétées. Le monde veut se rapprocher. Mais on s’en tire bien, j’ai vu d’autres places où les tables étaient bien collées. Il y en a des plus délinquants que nous.»

Le gérant, celui qu’on appelle Joce The Wolf, avoue que c’est parfois difficile pour sa clientèle de respecter les consignes, surtout avec quelques verres dans le nez. L’équipe ne se réjouit pas non plus de porter un masque au travail et de sortir le gallon à mesurer, mais elle le fera tant que le gouvernement l’exigera.

«On est comme dans une classe, on ne peut pas laisser ça aller. L’important c’est de conserver notre permis et que ce soit sécuritaire.»

À 13h30, la cour était à moitié pleine. Quelques heures plus tard, les tables allaient toutes être prises pour consommer une bonne bière.

La Cour arrière du Festibière est pratiquement pleine tous les soirs depuis son ouverture.