Éric Boulay, directeur général de la Maison de Lauberivière.

Ça ne dérougit pas à Lauberivière

La situation ne s'améliore pas à la Maison de Lauberivière, qui enregistre depuis vendredi son pire débordement en deux ans. Neuf personnes n'ont pu y passer la nuit de samedi à dimanche, faute d'espace, si bien que l'organisme songe maintenant à un nouveau plan d'urgence.
Éric Boulay, directeur général de la Maison de Lauberivière, ne cède pas à la panique, même s'il estime qu'il faudra trouver des solutions si l'achalandage actuel se maintient. Les 39 lits de l'organisme sont tous occupés depuis maintenant quatre nuits.
«Il faut voir l'évolution de tout ça. Si ça déborde davantage, nous avons comme mandat de développer une cellule de crise de 15 lits supplémentaires. [...] Si jamais ça déborde encore, si on reste à 100 % et si tout ça ne baisse pas, il faudra penser à de nouvelles mesures de débordement», a-t-il expliqué.
Situation «alarmante»
Qualifiant la situation «d'alarmante», M. Boulay n'arrive pas encore à en identifier la cause et n'observe aucune tendance précise parmi sa clientèle. «Moi, je constate que ce sont plein d'histoires variées. C'est complexe, le phénomène d'itinérance. Je pense que les facteurs sociétaux, au sens large, font que les gens subissent beaucoup de stress [...] Si je le savais, on ne se parlerait pas aujourd'hui.» Et la période de septembre à novembre semble exacerber la détresse, soutient-il.
M. Boulay doit rencontrer l'intervenant pivot de la Maison de Lauberivière ce matin pour faire le point et déterminer vers où seront orientés les usagers. Divers organismes partenaires, comme l'Armée du Salut et la Maison Revivre, seront aussi consultés sur les actions à prendre en ce mauvais début d'automne.
S'il affirme que tous les refuges ont un rôle important à jouer, M. Boulay rappelle que la Maison de Lauberivière abrite des travailleurs sociaux spécialisés et qu'elle peut ainsi accueillir une clientèle plus diversifiée.
«On a comme un problème dans notre plan. On est beaucoup spécialisés en intervention de crise. Il peut y avoir des personnes agressives ou des personnes hypothéquées au niveau de la santé mentale.»
Aucune garantie
Si une personne présentant une condition particulière est refusée à Lauberivière, rien ne garantit qu'elle pourra être acceptée ailleurs, croit-il, assurant ne rien vouloir enlever aux autres organismes qui oeuvrent auprès des sans-abri. C'est à ce genre de problème qu'il devra réfléchir au courant des prochains jours.
Lors d'un appel du Soleil dimanche soir, vers 20h30, tout indiquait que le refuge afficherait de nouveau complet pour la nuit.