Veille de budget, le ministre des Finances Eric Girard enfile habituellement des chaussures neuves. Il a innové, lundi, en enfilant ses patins. Ses vieux patins, à lui, mais dotés de lames toutes neuves, qu’il a payées 99 $. À l’anneau de glace des plaines d’Abraham, il était en compagnie de sa collègue ministre Isabelle Charest, ex-championne du monde et triple médaillée olympique en patinage de vitesse sur courte piste.
Veille de budget, le ministre des Finances Eric Girard enfile habituellement des chaussures neuves. Il a innové, lundi, en enfilant ses patins. Ses vieux patins, à lui, mais dotés de lames toutes neuves, qu’il a payées 99 $. À l’anneau de glace des plaines d’Abraham, il était en compagnie de sa collègue ministre Isabelle Charest, ex-championne du monde et triple médaillée olympique en patinage de vitesse sur courte piste.

Budget: Girard solide sur ses patins

«Quand on préparait le budget, on voyait des nuages, on était conscients. L’épidémie [de COVID-19] avait commencé et on en a pris acte. Mais est-ce qu’on a modifié le budget la semaine dernière, par exemple, en fonction de ce qui se passait? Pas du tout», a affirmé le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, à la veille du dévoilement du budget de l’an 2 de la Coalition avenir Québec.

Veille de budget, le ministre des Finances enfile habituellement des chaussures neuves. M. Girard a innové, lundi, en enfilant ses patins. Ses vieux patins, à lui, mais dotés de lames toutes neuves, qu’il a payées 99 $. Lames haut de gamme fabriquées à Québec par Step, entreprise tout juste achetée par le géant CCM.

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Le ministre Girard adore le hockey, surtout joué dehors. Mais les saisons extérieures raccourcissent, constate-t-il. Surtout dans la région de Montréal, où ce natif de Québec réside depuis près de 30 ans.

Preuve de l’importance de la lutte contre les changements climatiques, plaide-t-il, élément central du budget de près de 120 milliards $ qu’il présentera mardi.

Partisan invétéré des Nordiques de Québec, il portait pour la présentation médiatique de lundi «le gilet d’une bonne équipe de Mont­réal», soit l’Armada de Blainville-Boisbriand, club junior majeur de sa circonscription de Groulx.

Un peu de poudrerie n’allait pas l’empêcher de donner quelques coups de patins sur l’anneau de glace des plaines d’Abraham, en compagnie de sa collègue ministre Isabelle Charest, ex-championne du monde et triple médaillée olympique en patinage de vitesse sur courte piste.

Mme Charest est ministre responsable de la Condition féminine, présage aux investissements tant réclamés en hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.

Glace plus mince

Le ministre Girard s’assure prêt à avancer sur une glace amincie par la récente menace d’épidémie du coronavirus COVID-19.

«La position du Québec est enviable, l’économie du Québec a eu une performance remarquable [ces dernières années] et les fondements économiques du Québec sont solides. Cette position de force va nous permettre de faire face aux perturbations économiques, quelles qu’elles soient», atteste-t-il, avec confiance.

Pas besoin de constituer un fonds d’urgence spécial, demande l’opposition, ou même de piger dans la réserve de stabilisation de 14 milliards $, comme l’a évoqué le premier ministre François Legault, lundi, lors d’une annonce faite à Montréal. Une telle manœuvre n’est possible qu’en cas de déficit

«La réserve de stabilisation est la somme des surplus des dernières années utilisés à réduire l’endettement, ce qui nous permet une capacité d’emprunt plus élevé», explique M. Girard, ajoutant qu’il serait «normal que le cadre financier soit à l’équilibre».

Outre l’environnement, l’éducation, la santé et l’économie obtiendront la majorité des investissements inscrits dans le document intitulé Votre avenir, votre budget, à paraître mardi. L’accélération des dépenses en infrastructures de transport, d’hôpitaux et d’écoles sera mise de l’avant afin d’éviter ce ralentissement viral anticipé.

Éviter «la paranoïa»

Pendant ce temps, sa collègue Geneviève Guilbault se prononçait sur les derniers développements sur le COVID-19. La ministre de la Sécurité publique, ministre responsable de la Capitale-Nationale et vice-première ministre du Québec souhaite garder l’équilibre entre «le fait de ne pas être naïf tout en évitant l’hystérie collective».

Lundi, après le premier décès confirmé des suites du coronavirus au Canada, Mme Guilbault a réaffirmé le rôle du ministère de la Sécurité publique du Québec.

«On est en veille depuis plusieurs semaines. On a été très réactifs par rapport à ce qui se passe un peu partout. [...] Il ne faut pas alimenter la paranoïa. Il faut rester prêts et on l’est», a mentionné aux médias celle qui en était à son premier jour de retour officiel au travail après 11 semaines de congé de maternité.

Trois lieux de quarantaine ont été désignés par le gouvernement, dont un à Québec, dans le secteur Beauport, qui ouvre mercredi.  Avec Émilie Pelletier

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FONDS D'URGENCE DE 1 MILLIARD $ RÉCLAMÉ CONTRE LE CORONAVIRUS

Devant la menace d’une épidémie de coronavirus, le Parti libéral du Québec (PLQ) demande au gouvernement Legault de créer un fonds d’urgence de 1 milliard $ dans son budget annuel, présenté mardi.

«Il y a beaucoup d’incertitude autour du COVID-19 et de volatilité des marchés. On ne peut pas exclure un ralentissement de l’économie. C’est pourquoi il faut créer une réserve de 1 milliard $ pour parer aux éventualités», a déclaré l’ancien ministre des Finances (2014 à 2018) et maintenant porte-parole du PLQ en matière de finances, Carlos Leitão, lundi, au parlement de Québec.

Alors que le ministre des Finances Eric Girard s’apprête à prononcer son deuxième discours du budget, son prédécesseur lui conseille de mettre 1 milliard $ de côté pour répondre aux futurs problèmes potentiels que causerait une épidémie. «Si ce n’est pas nécessaire, on ne l’utilise pas, c’est tout, résume M. Leitão. Mais il faut créer la réserve maintenant et l’inscrire au budget pour être capable d’utiliser cet argent en mai ou en juin, quand on en aura peut-être besoin.»

Trois secteurs pourraient piger dans cet encas, selon M. Leitão. Les entreprises, qui subiraient les contrecoups d’un ralentissement économique causé par une baisse soudaine de la production; la santé publique devrait alors disposer d’un «budget illimité», avance le député libéral; les travailleurs malades placés en quarantaine à la maison auraient recours à un programme s’arrimant avec l’assurance emploi fédérale.

«L’impact à long terme sur l’économie ne sera pas important et va se résorber, mais les entreprises doivent rester en vie le temps de la crise», explique le porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances.

Au Parti québécois, le chef intérimaire estime que «le budget de [mardi] devrait clairement démontrer non seulement une préoccupation, mais une planification à l’égard de cette épidémie», dit Pascal Bérubé.

Il propose ainsi la tenue de points de presse quotidiens du ministre des Finances sur les stratégies économiques gouvernementales dans la lutte contre le COVID-19.  Olivier Bossé