Le maire de Québec trouve «révoltant» que les gouvernements fédéral et provincial ne «croient», selon lui, qu’en Montréal dans le financement des projets de transport en commun.

Budget Girard: la révolte de Labeaume

Le maire de Québec trouve «révoltant» que les gouvernements fédéral et provincial ne «croient», selon lui, qu’en Montréal dans le financement des projets de transport en commun. Sans vouloir dire que le manque à gagner de 800 millions $ pourrait sonner la fin du projet de tramway, il «espère que le bon sens va l’emporter».

L’injection de ces 300 millions $ fait passer le projet en «mode accéléré» et il est maintenant inscrit à la catégorie «planification». Il escamote donc la nécessité de réaliser un dossier d’opportunités pour débuter le dossier d’affaires. C’est une mesure d’exception dont ont déjà bénéficié d’autres grands projets.

Une situation qui est loin d’inquiéter le ministre des Transports, François Bonnardel. «Ça démontre que c’est important pour nous. On est à travailler pour donner tous les outils au gouvernement pour faire les bons choix et prendre les bonnes décisions.

«Leur critère ne fonctionne pas. Il devrait laisser les provinces décider de l’utilisation des sommes, mais c’est la tendance du fédéral. Ils veulent tout contrôler», ajoute M. Labeaume. 

Ce dernier n’a pas épargné davantage le gouvernement caquiste. «Le provincial ne trouve pas de solution autre que de blâmer le fédéral», reproche-t-il. D’autant plus que la Coalition avenir Québec refuse d’aller piger l’argent manquant dans d’autres fonds, comme celui des infrastructures vertes fédérales, prétextant que les budgets sont déjà attribués à des projets en cours ailleurs en province. «On ne va pas déshabiller un programme pour habiller l’autre», a réaffirmé, jeudi, le ministre des Transports, François Bonnardel, qui juge encore insuffisantes les sommes engagées par le fédéral, via divers fonds, pour financer le projet de tramway.

Maquette du projet de tramway à Québec

Le maire a également blâmé Ottawa et Québec de vouloir lui faire prendre parti et de s’attaquer à l’autre gouvernement. «Chacun veut que je joue au goon et on ne fera pas ça. Ça ne sert pas les citoyens de Québec.»

Le maire a répété qu’il avait besoin du financement complet pour aller en appel de qualification. Tout ce qu’on a, c’est deux gouvernements qui se chicanent», se désole-t-il.

De son côté, M. Bonnardel demeure confiant de trouver une solution pour boucler le budget. «On n’est pas là du tout, répond-il à savoir si son gouvernement pouvait freiner son propre investissement garanti de 1,8 milliard $, sans avoir complété le financement avec Ottawa. C’est un projet extrêmement important pour la Ville de Québec.»

«Le dossier d’affaires, en cours d’élaboration par la Ville, devrait être soumis au gouvernement pour approbation au printemps 2019. Le gouvernement entend déposer au cours de l’année 2019 le projet de loi nécessaire à la réalisation du projet», écrit-on dans le plan budgétaire.

Malaise senti

La mêlée de presse du maire s’est conclue sur une note plutôt inusitée. «Mon problème à moi, c’est que j’ai un petit problème. Je vais manquer de temps», a-t-il déclaré, avant qu’une journaliste lui demande : «Qu’est-ce que vous voulez dire, manquer de temps? Vous n’êtes pas à l’article de la mort», a-t-elle demandé, sachant que M. Labeaume est atteint d’un cancer de la prostate. Il est parti sans répondre, semant le doute et le malaise.

Plus tard en soirée, son attaché de presse a indiqué au Soleil que le maire voulait dire qu’il manquerait de temps pour réaliser le projet, selon l’échéancier planifié, s’il n’obtenait pas la totalité du budget.

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