Selon le budget de la Ville de Québec présenté lundi, 544,9 millions $ seront investis sur cinq ans pour le développement de services du Réseau de transport de la capitale. À cela, il faut ajouter 160,1 millions $ pour l’électrification des transports.

Budget 2020 de la Ville de Québec: les coûts de projets évalués sur cinq ans

Exit le plan triennal d’immobilisations. Il faut maintenant parler du plan d’investissement quinquennal.

La Ville de Québec change la façon de gérer les investissements sur son territoire. Dorénavant, elle présentera un plan d’investissement quinquennal (PIQ). Celui dont les grandes lignes ont été dévoilées lundi s’élève à 4,99 milliards $ d’ici 2024 dont 866 millions $, uniquement en 2020. Ce montant comprend les investissements faits dans le Réseau structurant de transport en commun qui s’élèvent à 1,89 milliard $. 

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Le premier objectif de cette nouvelle gestion permettra de mieux planifier les projets sur une longue période, souligne l’administration. Mais le maire de Québec admet aussi avoir des visées politiques. 

«En se projetant sur cinq ans, on évite le ouï-dire. Ce que la Ville dépense, ça va être clair. Plus tu en donnes [de l’information] moins t’entends de démagogie», a lancé Régis Labeaume, en pointant, sans le dire, l’opposition à l’hôtel de ville.

À la connaissance de la Ville, Victoriaville serait la seule autre administration municipale à planifier ses investissements sur une période de cinq ans. Le maire croit maintenant que d’autres emboîteront le pas.

Des reports envisagés

L’idée d’un plan d’investissement quinquennal ne séduit pas l’opposition. «Ce que ça me dit, c’est qu’on va reporter les investissements, lance Jean Rousseau, conseiller de Démocratie Québec. Tous les ans, on peut reporter des dépenses, des investissements comme on l’a fait par les années passées. Ce plan quinquennal est significatif pour l’année en cours et la prochaine année, mais dès qu’on tombe à trois, quatre et cinq ans, c’est des vœux pieux. Ça ne me convainc de rien», poursuit-il.

De son côté, le chef de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin, y voit une astuce pour compenser la hausse de coûts de certains projets comme celui de la centrale de police et de l’usine de biométhanisation que sa formation, Québec 21, a dénoncé au cours des derniers mois.

«On se demandait où il irait chercher l’argent. On a une partie de notre réponse. Le maire a décidé d’étirer les paiements avec un PIQ. Le maire, vous le connaissez. Avec ses projets sensationnels viennent des factures sensationnelles. Maintenant, il a besoin de cinq années pour faire ses projets», clame-t-il. Cependant, il ne pouvait, lundi, identifier des projets qui étaient reportés, promettant d’y revenir lors des pléniers sur le budget prévu cette semaine.

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EN CHIFFRES

  • 2,33 %  Le taux d’intérêt d’emprunt de la Ville de Québec, le plus bas depuis la création de la nouvelle Ville en 2001. Pour Régis Labeaume, il faut profiter de ce taux historique pour accélérer la réalisation des projets.
  • 544,9 M$  investis sur cinq ans pour le développement de services du Réseau de transport de la capitale. À cela, il faut ajouter 160,1 millions $ pour l’électrification des transports. Ces sommes s’ajoutent au projet de tramway de 1,89 milliard $.
  • 49 M$  s’ajoutent au budget 2020 à titre de nouveaux postes budgétaires récurrents. 
  • 1,21 G$  représente la somme des revenus de taxes projetés de la Ville en 2020. C’est 78,5 % du total de ses revenus.
  • 1,54 G$  en dette nette projetée pour 2020.