Simon Nadeau est un ancien joueurs des Broncos de Humboldt. La tragédie survenue en Saskatchewan l’a bouleversé.

Broncos un jour, Broncos toujours

TROIS-RIVIÈRES — Réveil brutal pour Simon Nadeau samedi matin. Sur les réseaux sociaux, des dizaines de personnes lui avaient déjà écrit un mot de sympathies à la suite de la tragédie ayant frappé son ancienne équipe, les Broncos de Humboldt.

Originaire de Lac-Etchemin, Nadeau est établi dans la région depuis quelques années. Il a notamment dirigé les Patriotes de l’UQTR en compagnie de Gilles Bouchard, en plus de porter l’uniforme du Caron et Guay et des Loups de La Tuque. Au milieu de la décennie 2000, il jouait pour les Patriotes. Avant d’arriver sur le campus trifluvien, il avait séjourné à Humboldt, le temps d’une saison. Des souvenirs qu’il chérit encore aujourd’hui.

«C’était en 2003-04. J’avais 20 ans et à l’époque, j’appartenais aux Huskies de Rouyn-Noranda. C’était donc ma dernière année dans la LHJMQ. André Tourigny a tenté de m’échanger puisqu’il avait un surplus de joueurs de 20 ans, mais ça n’a pas fonctionné. Je savais que je partais étudier à l’UQTR, sauf que j’avais envie de vivre une autre expérience avant de me joindre à eux. Un ami m’a recommandé aux Broncos.»

Une décision qu’il n’a jamais regrettée. Dès son arrivée dans la petite communauté de quelque 6000 âmes, Nadeau s’est senti chez lui. «Grâce à ma famille d’accueil et à toute la ville. Je me souviens encore de ma première journée, de la route entre Saskatoon et Humboldt. En mettant les pieds dans la ville, je ne pouvais pas croire qu’il y avait un club de hockey junior! Mais c’était bien le cas. Et c’était le cœur de la ville.»

Nadeau a frais en mémoire les parties locales disputées devant 1500 amateurs. On parle d’environ 30 % de la population entassée dans l’aréna!

Les jours de match, une ambiance unique émanait des rues de Humboldt. «On entrait dans les restos et on en sortait sans payer, les proprios s’occupaient de nos additions! Comme joueurs des Broncos, nous étions tous impliqués dans le hockey mineur et les activités caritatives. Ce fut une de mes années marquantes de hockeyeur.»

Une campagne dont il a eu la chance de partager les joies et les déceptions avec trois autres Québécois. «C’était assez rare d’avoir des joueurs francophones chez les Broncos. On s’est imprégnés dans leur culture. Quand tu entres dans cette belle et grande famille, tu n’en sors jamais. Je suis encore un Broncos, même si je suis loin», explique le directeur financier du Prix du Gros.

Un cauchemar perpétuel
Simon Nadeau ne connaît pas personnellement les victimes de ce terrible accident. Il reste toutefois en contact avec d’anciens coéquipiers et certains membres de la direction.

«Ceux que je connais, ils sont dans les bureaux, ils n’accompagnaient pas l’équipe au moment du drame. On échange des informations sur les réseaux sociaux. J’ai contacté ma famille de pension, ce n’est pas facile pour eux, même s’ils n’hébergent plus de joueurs. Une famille a perdu trois pensionnaires. C’est tragique. Je pense que peu à peu, les gens de Humboldt réalisent qu’ils ne se réveilleront pas de ce cauchemar. À voir comment les citoyens nous traitaient à l’époque, je suis persuadé que c’est tout le monde qui ressent cette peine.»

Nadeau a souvent parcouru la route entre Humboldt et Nipawin, là où les Broncos devaient se rendre, vendredi, pour un match de séries éliminatoires contre les Hawks. «Pour un joueur, l’autobus est associé à un moment de détente. Tu joues aux cartes avec tes coéquipiers, tu appelles tes parents, tu relaxes. Ça remet les choses en perspective. Tu vois ça dans Lance et compte et tu te dis que c’est tiré par les cheveux, que c’est un peu irréel. Et pourtant...»

En 2003-04, le Shawiniganais avait dominé le classement des pointeurs des Broncos, avec 80 points en 58 rencontres. L’équipe avait atteint le septième match des demi-finales, ratant de peu l’opportunité de défendre un championnat national acquis la saison précédente.

«Je n’oublierai jamais les Broncos. C’est pour ça que je me sens concerné. Je sais que c’est toute la ville qui absorbe le choc.»