Le ministre des Affaires étrangères britanniques Boris Johnson a annoncé sa démission.

Brexit: le ministre britannique Boris Johnson démissionne à son tour

LONDRES — Le ministre britannique aux Affaires étrangères et ex-maire de Londres, Boris Johnson, a remis sa démission.

Le cabinet de la première ministre Theresa May a confirmé son départ lundi, alors qu’un schisme relatif au Brexit menace de faire imploser son conseil des ministres.

Le ministre britannique de la Santé, Jeremy Hunt, a été nommé lundi soir ministre des Affaires étrangères après la démission de l'eurosceptique Boris Johnson, en désaccord avec les orientations de la première ministre Theresa May sur le Brexit, a annoncé Downing Street.

«La reine est heureuse d'approuver la nomination de [...] Jeremy Hunt comme ministre des Affaires étrangères et du Commonwealth», ont indiqué les services de Mme May dans un communiqué. Jeremy Hunt avait soutenu le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne.

Boris Johnson avait été l’une des figures de proue de la campagne en faveur du divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Dimanche, le ministre responsable de cette transition, David Davis, avait lui aussi claqué la porte, à peine 48 heures après que Mme May eut annoncé avoir accepté un plan prévoyant le maintien de certains liens avec l’UE.

M. Davis était également l’un des plus véhéments partisans de la sortie de l’UE au sein d’un conseil des ministres scindé entre les tenants d’un «Brexit dur» et d’un «Brexit doux».

Si le départ de M. Davis a secoué le gouvernement Theresa May, celui de M. Johnson l’a fragilisé jusque dans ses assises.

Plusieurs députés pro-Brexit sont en colère contre le plan de la première ministre, affirmant que celui-ci limite les capacités du gouvernement britannique à conclure de nouvelles ententes commerciales.

Questionné sur le départ de M. Johnson, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a tourné en dérision la retraite tenue vendredi par Theresa May pour adresser ces conflits internes.

«Ceci prouve clairement qu’au manoir de Chequers (la résidence de la première ministre), il y avait de l’unité au sein du conseil des ministres», a-t-il raillé.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a pour sa part déploré que le Royaume-Uni n’abdique pas l’idée du Brexit.

«Le désordre causé par le Brexit est le plus gros problème de l’histoire des relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, et il est encore loin d’être résolu, avec ou sans M. Davis», a-t-il ajouté.

Il reste seulement neuf mois avant que le Royaume-Uni ne se sépare de l’Union européenne, le 29 mars 2019.