L'emplacement du nouveau pont, qui devrait être un peu à l'est de l'actuel, ainsi que le type de structure pourraient être dévoilés demain lors d'une rencontre entre le ministère des Transports et les élus de l'île d'Orléans.

Boischatel veut revoir l'échangeur du futur pont de l'Île-d'Orléans

Tant qu'à reconstruire un pont pour accéder à l'île d'Orléans, il faut revoir complètement son approche sur la rive nord pour mettre en valeur le parc de la Chute-Montmorency et redonner l'accès au fleuve Saint-Laurent, plaide le maire de Boischatel, Yves Germain.
<p>Un carrefour giratoire à la tête nord du pont permettrait une meilleure mise en valeur de la chute Montmorency, avance le maire de Boischatel, Yves Germain.</p>
Celui-ci participera jeudi à une rencontre convoquée par le directeur régional du ministère des Transports du Québec (MTQ), Jean-François Saulnier, qui veut informer les élus de l'île d'Orléans et de la Côte-de-Beaupré de l'évolution du dossier. La Ville de Québec ne sera pas représentée.
Le maire de Sainte-Famille et préfet de la MRC de l'Île-d'Orléans, Jean-Pierre Turcotte, croit que l'emplacement exact du prochain pont et le type de construction devraient être dévoilés à cette occasion. «Ça fait plus d'un an qu'on attend ça», rappelle-t-il.
Le MTQ s'est limité mardi à confirmer la réunion, refusant de dévoiler l'ordre du jour «par respect pour les élus».
On sait déjà depuis mars 2012 que le futur lien sera situé un peu à l'est de l'actuel et aboutira dans le même secteur, à Saint-Pierre. Les tests de sols dans le chenal nord ont conclu qu'à cette hauteur, le roc est plus près de la surface tant du côté de l'île d'Orléans que de la chute Montmorency.
Le MTQ n'a toutefois pas précisé où seront plantés les piliers sur la rive nord. À l'ouest ou à l'est de la rivière Montmorency? À Québec ou à Boischatel?
Le maire de la petite municipalité de 6600 habitants a hâte de savoir, car le développement de son territoire sera affecté par cette décision.
Un carrefour giratoire?
S'il dit ne pas tenir «du tout» à accueillir la structure elle-même, Yves Germain s'intéresse aux aménagements qui l'accompagneront. Il propose notamment un carrefour giratoire à la place de l'échangeur actuel, méli-mélo de bretelles qui font le lien entre le pont, l'autoroute Dufferin-Montmorency et le boulevard Sainte-Anne.
Cette solution «plus moderne, plus respectueuse de l'environnement» permettrait d'attirer l'attention sur le parc de la Chute-Montmorency et d'en faciliter l'accès, croit le maire de Boischatel. 
Même chose pour les rives du fleuve, qu'il voudrait plus accessibles dans l'est. La promenade Samuel-De Champlain, grand projet de la Commission de la capitale nationale du Québec, doit éventuellement se prolonger jusqu'à la chute, rappelle l'élu.
Il y a peu de suspense autour du type de pont privilégié par les ingénieurs. Considérant la distance à couvrir entre les piliers (autour de 500 mètres), celui-ci sera suspendu, comme l'actuel, ou haubané, comme celui à péage inauguré en 2011 sur l'autoroute 25.
Le préfet Jean-Pierre Turcotte penche pour la deuxième option, qui permettrait de rapprocher la structure du sol tout en laissant passer les bateaux de plaisance.
Livraison vers 2022
Chose certaine, il y aura désormais deux voies élargies (une dans chaque sens), des trottoirs et une piste cyclable afin de pouvoir traverser le fleuve autrement qu'en voiture.
Quant au pont actuel, qui date de 1935, le maire de Sainte-Famille croit qu'il sera démoli. Car même déserté, l'ouvrage ne sera pas plus résistant en cas de séisme, défaut pour lequel il faut le reconstruire.
M. Turcotte ne s'en offusque pas : les six petites municipalités de l'île n'ont pas les moyens d'entretenir la structure pour y faire circuler les vélos et plaire aux photographes amateurs. «On aurait l'air un peu idiots avec un pont qui sert et l'autre qui ne sert pas, un à côté de l'autre», lance le politicien, convaincu que la beauté du nouveau éclipsera celle de l'ancien.
Quant à l'horizon de livraison, il demeure le même pour l'instant, soit 2022. Lors du dévoilement de la programmation des travaux routiers pour la région de la Capitale-Nationale, qui couvre désormais une période de deux ans, le gouvernement a annoncé que les études environnementales et techniques visant le remplacement du pont de l'Île-d'Orléans se poursuivraient jusqu'en 2015, mais n'a pas remis en question l'échéancier général.