Deux manifestants ont profité de la chute de neige collante de mercredi pour faire un bonhomme de neige, pendant que les autres s'abritaient des intempéries avec le camp de fortune monté graduellement depuis le 10 février.

Blocus ferroviaire de Listuguj: présence accrue de la SQ, mais pas d'action imminente

LISTUGUJ – Le conseil de bande de Listuguj a émis un bref communiqué mercredi pour indiquer que la présence accrue d’agents de la Sûreté du Québec à Pointe-à-la-Croix ne signifie clairement pas qu’une action de la part de ce corps policier est imminente pour démanteler le blocus ferroviaire, qui en était à sa 24e journée.

Le message du gouvernement mi’gmaq n’était pas signé par le chef Darcy Gray, qui avait indiqué le 25 février qu’il n’était pas question que les policiers autochtones démantèlent le blocus parce que les manifestants étaient pacifiques. Transports Québec, propriétaire de la voie ferrée Gaspé-Matapédia, incluant la portion passant à Listuguj, avait obtenu une injonction pour libérer le chemin de fer plus tôt cette journée-là.

Le message du gouvernement mi’gmaq a été publié mercredi après vérification avec l’agent de liaison de la Sûreté du Québec responsable des relations avec les autochtones, est-il aussi écrit.

La Sûreté du Québec a indiqué à deux reprises au Soleil qu’elle n’interviendra pas en territoire autochtone. Sauf en assistance aux policiers mi’gmaqs, les agents de la Sûreté du Québec ne sont pas bienvenus à Listuguj depuis l’intervention massive de juin 1981 durant laquelle ils avaient arrêté, souvent violemment, des Mi’gmaqs pêchant le saumon sur la rivière Restigouche.

Mercredi, les manifestants mi’gmaqs sur place n’ont pas commenté la situation et ils n’ont pas donné de précisions quant à un éventuel point de presse permettant d’en connaître plus sur leurs intentions.

Ils occupent la voie ferrée pour appuyer les chefs héréditaires Wet’suwet’en de Colombie-Britannique dans leur lutte contre le projet Coastal GasLink, mais des tensions internes à Listuguj laissent croire que d’autres facteurs sont en cause, dont l’éventuelle élection du prochain conseil de bande.

Le blocus actuel de Listuguj coûte une petite fortune en revenus à la Société du chemin de fer de la Gaspésie, un organisme sans but lucratif agissant comme transporteur sur la voie ferrée de Transports Québec. Les pertes s’élèvent à 500 000 $ depuis le 10 février et la SCFG a mis à pied 15 de ses 40 employés. Sa direction craint de perdre des contrats de transport.