En après-midi, des manifestants ont dégagé la voie ferrée, tout en maintenant le blocus très près des rails. Depuis le 10 février, une partie de leur provision de bois de chauffage était empilée sur le chemin de fer.
En après-midi, des manifestants ont dégagé la voie ferrée, tout en maintenant le blocus très près des rails. Depuis le 10 février, une partie de leur provision de bois de chauffage était empilée sur le chemin de fer.

Blocus ferroviaire à Listuguj: un dénouement dans l’air

LISTUGUJ – Le blocus ferroviaire de Listuguj se dirige vraisemblablement vers un dénouement imminent. Les manifestants ont dégagé la voie ferrée au début de l’après-midi mardi, sans s’engager à laisser passer des trains en soirée ou au cours de la nuit, mais il semble clair que des pourparlers sont tenus à l’intérieur même de la communauté mi’gmaque pour que le chemin de fer gaspésien soit libéré sous peu.

Après des heures de blocus particulièrement calmes durant la première moitié de la journée, avec un seul manifestant gardant le camp installé au bord du chemin de fer, l’emplacement s’est animé en après-midi.

Des manifestants ont commencé à enlever les objets qui encombraient la voie ferrée, mais en gardant bien actifs le feu et le campement adjacent.

L’un des manifestants a indiqué à la presse que les rails avaient été dégagés pour «montrer notre bonne volonté» et «qu’on peut laisser les trains passer».

Il a d’autre part ajouté que cette possibilité n’était pas envisageable au cours des prochaines heures, et peut-être pas avant un ou deux jours, puisqu’il a répondu «c’est sûr» quand on lui a demandé si le groupe allait bloquer le passage des trains mardi et mercredi soir.

Les policiers de Listuguj sont venus parler aux manifestants en milieu d’après-midi, mais les journalistes avaient à ce moment été invités à s’éloigner du camp. Le conseiller élu Chad Gedeon a joué un rôle d’intermédiaire quand les manifestants ne voulaient pas parler à la presse.

«Mon rôle est d’assurer que tout se fasse de façon pacifique», a indiqué le conseiller Gedeon, sous l’impression mardi que le démantèlement est imminent. Le chef héréditaire Gary Metallic, qui a parfois agi comme porte-parole des manifestants depuis une semaine, avait tenu des propos similaires en milieu de journée.

Injonction

En milieu d’après-midi, Transports Québec, en tant que propriétaire de la voie ferrée, a obtenu une injonction provisoire du juge Paul Corriveau, de la Cour supérieure, visant à ordonner aux manifestants de libérer sur-le-champ les rails. L’injonction n’avait pas encore été signifiée aux manifestants en début de soirée.

La Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG), qui exploite les trains de marchandises sur la voie bloquée, et quatre de ses clients, Ciment McInnis, LM Wind Power, Produits forestiers Temrex et Papiers White Birch, étaient considérés comme parties lésées dans la cause. Le trafic ferroviaire est bloqué depuis le 10 février à Listuguj et la SCFG perd 15 000 $ par jour en revenus de transport. Quinze de ses 40 employés sont licenciés temporairement depuis lundi.

Il était toutefois clair mardi après-midi que l’injonction ne constituera pas un facteur déterminant dans le démantèlement éventuel du blocus.

«Si des policiers de la Sûreté du Québec viennent faire respecter l’injonction ici, en territoire mi’gmaq, et bien que je favorise le démantèlement du blocus au plus tôt, ce type d’intervention aurait pour effet d’augmenter l’appui aux manifestants. Je serais le premier à m’opposer à ce genre d’intervention forte», a indiqué un citoyen de Listuguj demandant l’anonymat.

Le directeur de la SCFG, Luc Lévesque, exprimait en fin de journée sa hâte d’assister à l’enlèvement du campement des manifestants, parce qu’on «est en train de scrapper des années d’ouvrage» d’un organisme sans but lucratif appartenant aux municipalités gaspésiennes, mais en même temps, «on va continuer à passer ici après la crise. Il faut garder de bons rapports».

Les manifestants de Listuguj souhaitent un retrait complet des policiers de la GRC des territoires ancestraux de la Première nation Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique, et l’abandon du projet de gazoduc du projet Coastal GasLink, au nord de cette même province.