La victoire était acquise pour Julie Vignola dans Beauport-Limoilou, tandis que Christiane Gagnon était devancée par le libéral Jean-Yves Duclos dans Québec.

Bloc québécois: l’heure aux réjouissances

La victoire était à plusieurs niveaux, hier, chez les bloquistes de la région de Québec. Les partisans ont passé la soirée à célébrer les percées de leurs candidats partout en province. Et ils ont eu droit à une soirée riche en émotions avec deux de leurs candidates, Julie Vignola et Christiane Gagnon, qui ont chauffé l’enthousiasme et les espoirs. Vignola a finalement été élue vers 23h45.

Au moment d’écrire ces lignes, les résultats finaux n’étaient toujours pas connus dans Québec. Dans Beauport-Limoilou, la candidate bloquiste, Julie Vignola, a joué du coude toute la soirée avec le libéral Antoine Bujold. Elle a finalement pris la tête, creusant toujours un peu plus l’écart avec son plus proche rival jusqu’à ce qu’elle soit déclarée gagnante. L’émotion était à son comble pour l’enseignante et son équipe. «Je ne peux pas croire, répétait-elle, presque incrédule, s’essuyant parfois les yeux sous le coup de l’émotion.

Une quinzaine de minutes après sa victoire officielle, Julie Vignola peinait à trouver les mots, encore frappée par la stupeur d'avoir remporté la circonscription de Beauport-Limoilou, auparavant détenue par le conservateur Alupa Clarke. «La verbomotrice que je suis est un peu bouche-béé», a-t-elle dit au Soleil. Même si les gens lui disait, sur le terrain, qu'elle avait des chances de l'emporter, elle avait préféré garder les pieds sur terre. «J'ose croire qu'avec une trentaine de députés, on va être pris au sérieux à Ottawa», a-t-elle lancé, déterminée à faire avancer des dossiers comme la qualité de l'air dans sa circonscription. En devenant députée, elle devra laisser pour un moment son métier d'enseignante en anglais langue seconde. «J'échange une grande passion pour une autre», a-t-elle souligné. 

Christiane Gagnon, de son côté, a vu son adversaire principal, le député libéral sortant Jean-Yves Duclos, prendre la tête peu après le début du dépouillement des votes, mais par une marge de 2 ou 3 %, une question de quelques centaines de votes seulement, et ce, tout au long de la soirée. L’ancienne députée effectuait un retour en politique, à 71 ans.

La soirée a eu l’allure d’un crescendo au bar le Quartier général, dans Saint-Roch, où les troupes bloquistes de la région s’étaient rassemblées. Outre l’arrivée des candidates Christiane Gagnon et Julie Vignola, les premiers élans d’enthousiasme se sont fait sentir quand les résultats dans Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, la première circonscription québécoise à être dépouillée, ont montré l’avance du candidat du Bloc. 

Fébrilité

Rapidement, l’ambiance est devenue fébrile et un brin survoltée, les hourras se succédant et s’entremêlant avec quelques huées, notamment quand les visages de Justin Trudeau et d’Andrew Scheer apparaissaient à l’écran. L’annonce d’un gouvernement minoritaire par Radio-Canada a toutefois contenté la foule de plus en plus dense. 

Premier moment de réelle allégresse vers 22h, lors de l’annonce de l’élection d’une première députée bloquiste dans la circonscription de Saint-Jean.

Alain D’Eer, défait dans Charlesbourg–Haute-Saint-Charles, pense que la soirée a été «extraordinaire» pour le Bloc. «On est partis de rien et on a fait avec peu de moyens», a-t-il commenté. Il se réjouit d’avoir repris une importante partie des appuis du conservateur Pierre Paul-Hus et pense que les bloquistes pourront profiter d’un gouvernement minoritaire libéral pour faire avancer la cause du Québec. 

À son arrivée, Christiane Gagnon avait confié avoir vécu cette journée dans une «attente fébrile», mais avec beaucoup de calme. «Je sens quelque chose. On ne peut pas présumer, mais il y a des indices qui nous disent que c’est bon. J’y crois, on a le droit d’y croire. Mais on va attendre quand même la sortie du vote. Comme je disais à ma fille, tout peut arriver», a-t-elle lancé, visiblement sereine, mais prudente.