Réélu dans Charlesbourg–Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus a été accueilli sous les cris de joie par les quelques dizaines de personnes présentes au rassemblement conservateur dans un restaurant hôtelier du secteur Sainte-Foy.

Bleu foncé autour de Québec

«La grande région de Québec demeure conservatrice!» Premier élu régional à se présenter devant les militants lundi soir, Pierre Paul-Hus a vivement célébré le maintien d’un noyau bleu foncé autour de la capitale.

La fête conservatrice avait commencé très calmement dans le restaurant hôtelier du secteur Sainte-Foy où les troupes avaient rendez-vous pour regarder le dévoilement des résultats en direct. Un peu avant 20h, Gérard Deltell, vedette de Louis-Saint-Laurent, avait fait un saut de puce dans la salle vide pour saluer les journalistes. Mais il a fallu attendre un bon moment avant que les militants arrivent et, surtout, festoient.

Peu après 22h, l’annonce d’un gouvernement libéral minoritaire par TVA a été accueillie par quelques huées et des mines déconfites dans les rangs.

Tranquillement, le climat s’est néanmoins réchauffé. Un peu avant 22h30, les partisans ont retrouvé le sourire. Ils ont explosé de joie quand la réélection de Pierre Paul-Hus et de Gérard Deltell a été annoncée à la télévision.

Pierre Paul-Hus a d’ailleurs été accueilli sous les cris par les quelques dizaines de personnes présentes qui s’activaient à mesure que TVA et ICI Radio-Canada confirmaient les victoires de leurs préférés.

Avec Jacques Gourde, Steven Blaney, Gérard Deltell, Joël Godin — même le nouveau venu dans la Beauce, Richard Lehoux, qui a défait Maxime Bernier — Pierre Paul-Hus estime avoir les coudées franches pour faire face aux libéraux.

«Malheureusement, on voit que Justin Trudeau reste au pouvoir, mais minoritaire. Donc, pour nous, je crois que ça va être encore plus facile de s’assurer que les décisions qui sont prises soient intéressantes pour tout le monde, spécialement pour la région de Québec.»

Prévoir la revanche

Joël Godin, réélu dans Portneuf–Jacques-Cartier, prédit par ailleurs déjà une revanche. «On a maintenu nos gains. Merci!» a-t-il lancé sous les hourras. «Je vous dis à la prochaine, en espérant que ce soit le plus tôt possible […] pour faire en sorte qu’on reprenne le pouvoir dans quelques mois. On va être prêts!»

Gérard Deltell semble aussi déjà songer au prochain rendez-vous électoral qui pourrait avoir lieu rapidement, souligne-t-il. 

M. Deltell rate toutefois une seconde tentative d’accéder au pouvoir, ce qui suscite des sentiments mi-figue, mi-raisin. «Ça a été une grosse soirée! J’ai, encore une fois, des sentiments partagés.» Son gain est clair, ceux de ses collègues de la région aussi. Mais ils devront poursuivre leur boulot sur les banquettes de l’opposition.

Pierre Paul-Hus admet que les tergiversations de son chef Andrew Sheer au sujet du droit à l’avortement ont bousculé la campagne du PCC : «Effectivement que ça a été un enjeu qui a nui quelques jours à notre campagne», observe le député conservateur de Charlesbourg–Haute-Saint-Charles. «C’est sûr et certain que lorsqu’est arrivé le point de l’avortement […] on a perdu quelques jours de campagne à parler aux citoyens, à leur faire comprendre. Maintenant je crois que c’est clair, Andrew Sheer a expliqué la situation. Il n’est aucunement question de toucher à l’avortement.»

Il pense cependant que l’engagement de son chef d’appuyer la construction d’un troisième lien entre Québec et Lévis n’a pas pesé lourd dans le choix des électeurs de la région. Les citoyens avaient une perspective plus «globale», selon lui.

Malgré la défaite, Pierre Paul-Hus évalue toujours que son chef était le plus apte à mener cette campagne. Tout comme Gérard Deltell, il ne se prononce pas sur l’avenir d’Andrew Sheer et ne veut pas encore discuter de succession. 

Le scrutin de l’automne 2015 avait été un peu plus favorable au Parti conservateur du Canada dans la grande région de Québec. Jusqu’alors cantonnés à la Rive-Sud, ils avait franchi le fleuve gagnant 8 des 10 circonscriptions. Avec les deux libéraux de Québec (Jean-Yves Duclos) et Louis-Hébert (Joël Lightbound), ils avaient effacé le Nouveau parti démocratique de la carte, renvoyant à la maison les six élus de la vague orange de 2011.