Bientôt une première convention collective à la SQDC ?

Lia Lévesque
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Important déblocage en vue d'en arriver à une première convention collective pour les travailleurs de la Société québécoise du cannabis: les syndicats concernés recommandent à leurs membres d'accepter le rapport de la médiatrice spéciale à ce sujet, a appris La Presse canadienne.

Plusieurs assemblées générales des membres auront lieu pour les deux syndicats concernés, samedi et dimanche. Tant le Syndicat canadien de la fonction publique, affilié à la FTQ, que le syndicat des employés de la SQDC, rattaché à la CSN, vont recommander à leurs membres de voter en faveur.

Joints au téléphone vendredi, les deux représentants syndicaux ont confirmé l'information, mais n'ont pas voulu donner de détails sur les conditions de travail obtenues, préférant en garder la primeur pour leurs membres, comme c'est habituellement le cas en pareille circonstance.

«Il y a une recommandation de la médiatrice spéciale au dossier et on s'est engagé à aller avec cette recommandation-là devant nos membres, en assemblée générale, en fin de semaine, samedi et dimanche. On va recommander à nos membres cette recommandation-là», a indiqué Marc Ranger, directeur québécois du SCFP-FTQ.

Au syndicat de la SQDC rattaché à la CSN, la présidente Stéphanie Martel-Gill a confirmé ses dires et précisé que les deux syndicats feront le point conjointement dimanche, lorsque toutes les assemblées auront été tenues.

Techniquement parlant, il ne s'agit pas d'une entente de principe, mais de la recommandation de la médiatrice spéciale qui sera soumise aux syndiqués et recommandée à son tour par les deux syndicats.

La médiatrice Lise Lavallée avait été nommée récemment par le ministre du Travail, Jean Boulet, qui voulait absolument favoriser la poursuite des discussions entre les parties, malgré une demande syndicale d'accélérer les choses en procédant par arbitrage. Leur intervention aura donc été salutaire.

Les travailleurs de la SQDC gagnent 14,25 $ l'heure. Le salaire était d'ailleurs au coeur du litige.

Les syndicats voulaient comparer leurs membres à ceux d'autres sociétés d'État, comme la Société des alcools, où les caissiers-vendeurs gagnent 20,46 $ l'heure au premier échelon et 26,46 $ au 6e et dernier échelon. Ils arguaient que les travailleurs de la SQDC ne sont pas de simples vendeurs, mais qu'ils ont une mission d'éducation et d'information à remplir.

La direction de la Société du cannabis faisait plutôt valoir qu'elle évoluait dans le secteur du commerce de détail, avec lequel elle devait demeurer concurrentielle. Dans ce domaine, les salaires vont de 12,50 $ à 16 $ l'heure, en général.