Collectionneurs, mélomanes, néophytes ou curieux faisaient déjà la queue à l’entrée de l’église Saint-Fidèle samedi matin.

Bien plus qu’une mode, le vinyle [PHOTOS]

«C’est une question de son, d’objet, d’histoire... c’est quelque chose de palpable. C’est spirituel, sortir un disque d’une pochette... le déposer sur la table tournante. Prendre le temps d’écouter et ne pas défiler les titres sur son écran.»

La septième Foire du disque de Québec était tout aussi populaire que les précédentes. Marcel Renaud, de la Librairie Laforce, n’en a pas manqué une. «Plusieurs générations embarquent dans le disque, ça se renouvelle constamment.»

Collectionneurs, mélomanes, néophytes ou curieux faisaient déjà la queue à l’entrée de l’église Saint-Fidèle samedi matin. Ils voulaient mettre la main sur leurs disques vinyle préférés parmi les 50 000 disponibles. Plus de 40 vendeurs professionnels étaient rassemblés autour de tables. 

Pas une mode

L’organisateur de la Foire, Jean-Baptiste Duvignaud, maintient qu’il ne s’agit plus que d’une mode.

«On est plus rendu là. Ça fait trop longtemps que les gens s’y réintéressent. C’est un objet qui va bien se vendre. Des fois, on l’achète juste pour la collection, pour l’avoir chez soi. Chaque année c’est stressant, on sait pas trop où l’on s’en va avec ça, mais tous les ans il y a une demande. On va continuer tant qu’il y aura de l’achalandage», indique-t-il.  

En terme de revenus, pour la première fois depuis 30 ans, le disque vinyle deviendra le numéro un, devant le CD et les formes numériques. Bien sûr, il faut mentionner que le prix est bien plus cher, ce qui explique cette montée. Tout de même, la quantité vendue augmente. 

«On est dans une société où on est capable de vivre avec les deux [numérique et vinyle/CD]. Il y a des gens qui ne veulent plus de support physique, d’autres qui ne les lâcheront pas. Le vinyle, depuis plusieurs années on en parle beaucoup, ça reste marginal. Il y a de nouvelles personnes qui en achètent tout le temps. La clientèle cible reste 35-60 ans, ceux qui ont déjà connu ça», continue M. Duvignaud, qui tient le magasin Explosive Groove Disquaire sur la 1re Avenue. 

L’organisateur de la Foire, Jean-Baptiste Duvignaud, maintient qu’il ne s’agit plus que d’une mode.

Comme un spectacle

Ce n’est pas juste la vente de vinyle que l’on remarque, mais aussi celle des tables tournantes. 

«On fait surtout de l’entretien de tables haut de gamme, c’est à la mode. On récupère de vieilles tables tournantes britanniques et on les retape, explique Michael Martel, du magasin Audiolight, spécialiste de son et d’image. On conserve la vieille boîte d’extérieur, le côté vintage, et on améliore l’intérieur.»

Même qu’il soulève que les jeunes adultes sont ceux qui se procurent le plus de tables tournantes chez lui depuis un moment. M. Martel croit qu’ils découvrent tranquillement la qualité du son dans leurs oreilles et y prennent goût, ceux qui avaient toujours écouté les notes sortir d’un appareil électronique. 

«Quelle qualité sonore... ça a beaucoup d’âme un vinyle. C’est un autre monde. C’est comme si un album devient de la musique vivante, comme si t’étais là. Un CD reste une interprétation, une copie.»

Écouter de la musique avec un disque vinyle devient une activité complète. 

«Tu ne peux pas faire autre chose en même temps. Avec le temps on s’est habitués à ce que la musique vient en complément à une autre activité. Faire à manger, en voiture, marcher... Avec le vinyle, l’activité principale c’est ça. C’est un trip», termine le spécialiste.

En terminant, il faut mentionner que la première et unique usine de pressage de disques vinyles a ouvert ses portes à Québec il y a deux mois, Le Vinylist. Une mode, le vinyle? Plutôt un intérêt qui est là pour rester.