Député sortant de la circonscription de Beauce, Maxime Bernier boucle sa première campagne comme chef du parti qu’il a créé.

Bernier en appelle aux nationalistes [VIDÉO]

Juste avant le scrutin, Maxime Bernier joue la carte nationaliste auprès des Québécois. Lui qui se définit comme un «fédéraliste nationaliste».

«Je regarde aujourd’hui au Québec la montée du Bloc québécois et je veux dire aux Québécois nationalistes que nous avons le programme politique qui répond à leurs besoins, qui répond à leurs demandes, qui répond à la demande de M. [François] Legault», a déclaré le chef du Parti populaire du Canada (PPC), vendredi, lors d’un passage à Québec.

Député sortant de la circonscription de Beauce, M. Bernier boucle sa première campagne comme chef du parti qu’il a lui-même créé il y a 13 mois. Vendredi, il s’est arrêté au restaurant Les 3 Brasseurs de Sainte-Foy pour dîner et discuter avec une vingtaine personnes, candidats et sympathisants.

Devant les journalistes, il a ensuite reconnu être surpris de la récente montée du Bloc. «Les Québécois ont toujours été nationalistes. Mais je crois que les Québécois ne connaissent pas notre programme très bien. La montée du Bloc est surprenante, mais si on regarde notre plateforme électorale et que je compare ça à celle du Bloc québécois, je peux dire aux nationalistes qu’ils ont une place au sein de notre parti», a affirmé M. Bernier.

Il argue que le PPC «est le seul parti politique qui prône un seuil d’immigration plus bas et M. Legault prône ça depuis longtemps». Il dit aussi oui au test des valeurs du premier ministre québécois et de sa Coalition Avenir Québec, test qu’il aimerait même faire passer à tous les immigrants qui entrent au Canada.

Par-dessus tout, le PPC prône le respect des champs de compétences des provinces par le fédéral et le respect de la constitution «comme les Pères de la Confédération l’ont écrite».

C’est donc un appel «aux nationalistes québécois, mais aussi aux nationalistes partout à travers le pays», ajoute M. Bernier. «On croit à une constitution sans ingérence du gouvernement fédéral. On est un parti fédéraliste, mais fédéraliste respectueux de la constitution. Et lorsque vous ne voulez pas vous ingérer dans les champs de compétences provinciales, vous faites plaisir au Québvec, mais vous faites aussi plaisir aux autres provinces canadiennes. C’est bon pour le Québec, c’est bon pour l’Alberta, c’est bon pour l’Ontario».

En danger en Beauce

M. Bernier a passé la dernière semaine au Québec, retournant souvent dans sa circonscription de Beauce. Le siège qu’il occupe à la Chambre des communes depuis 2006 est en danger. Le candidat conservateur, Richard Lehoux, qui accueillait justement le chef Andrew Scheer vendredi soir, est quasiment à égalité dans les sondages avec M. Bernier. Qui a occupé ce poste de député durant les 12 premières de ses 13 années à titre de membre du Parti conservateur, avant de le quitter l’an dernier pour fonder le Parti populaire.

Il dit ne pas croire les sondages qui ne donnent encore que 2 % des intentions au PPC. La firme Mainstreet prédit 3 % des voix au PPC à travers le Canada, 3 % au Québec et presque 4 % en Alberta.

M. Bernier se dit conscient de pouvoir jouer un rôle important dans le cas d’un gouvernement minoritaire. «On n’embarquera pas dans un gouvernement de coalition, mais on va travailler avec le gouvernement minoritaire dossier par dossier pour l’inciter à avoir des politiques responsables», indique-t-il.

Le chef du PPC estime que sa formation va en surprendre plus d’un lundi, entre autres grâce au vote des «gens qui n’ont pas voté aux dernières élections, des gens désabusés de la façon traditionnelle de faire de la politique». Groupe qu’il évalue à 30 % de ses appuis.

Sans dévoiler son objectif pour lundi, M. Bernier assure que son parti fera élire «plus qu’un député et on va avoir plus que 3,25 % du vote» obtenu par le Parti vert aux dernières élections fédérales, en 2015.

À sa toute première élection, le Bloc avait décroché 13,5 % du suffrage national, en 1993, le NPD 13,6 %, en 1962, et le Parti vert 0,2 %, en 1984.