Bernard Landry «a marqué le Québec comme ministre des Finances et comme premier ministre», soutient Agnès Maltais.

Bernard Landry: un legs économique et humain

D’abord comme ministre des Finances, puis comme premier ministre, Bernard Landry a laissé sa trace dans la capitale. D’ex-collègues conservent le souvenir d’un homme qui gardait toujours l’intérêt des citoyens au cœur des décisions économiques.

C’est à l’été que l’ex-député de Taschereau, Agnès Maltais, a parlé pour la dernière fois à M. Landry. «On a discuté de la campagne électorale qui s’en venait. J’ai parlé d’un enjeu politique. Il a toujours su conserver la camaraderie politique. On savait qu’il était diminué physiquement, mais sa santé mentale et son acuité d’esprit étaient toujours là», raconte-t-elle.

Lorsqu’on lui demande la trace laissée à Québec par Bernard Landry, elle pense spontanément à une initiative économique qui a transformé la circonscription qu’elle a représentée pendant 20 ans. «Le Nouvo Saint-Roch, c’est lui. C’est Bernard Landry». 

En 1999, M. Landry, alors ministre des Finances, annonçait la création de carrefours de la nouvelle économie, dont un dans Saint-Roch alors en pleine revitalisation. La mesure fiscale a permis de favoriser le regroupement d’entreprises des secteurs des technologies de l’information et des jeux vidéo pour transformer le quartier tel qu’on le connaît aujourd’hui. 

Audi alteram partem

À titre de ministre de la Culture, Mme Maltais a travaillé en étroite collaboration avec lui. «Il avait une écoute très attentive et la culture était quelque chose de très important.»

Une phrase qui ramène au célèbre Audi alteram partem — écoute l’autre — qu’il aimait répéter. «Quand tu deviens ministre, tu te demandes si tu auras un véritable droit de parole, se souvient Rosaire Bertrand, ex-député de Charlevoix, qui a été ministre délégué responsable de la Capitale-Nationale de 2001 à 2003. Avec Bernard, c’est lui qui demandait notre avis. Il écoutait ce qu’on avait à dire.»

M. Bertrand a aussi le souvenir d’un grand économiste qui a amorcé le processus législatif, devant mener à la création de l’Autorité des marchés financiers. 

Parmi les dossiers auxquels les deux hommes ont travaillé conjointement dans la capitale, Rosaire Bertrand retient surtout le projet de la Promenade Samuel-De Champlain. Une première annonce de 225 millions $ avait été faite sous l’impulsion d’un gouvernement péquiste en juin 2002 alors que M. Landry était premier ministre.

«Il a marqué le Québec comme ministre des Finances et comme premier ministre», soutient Mme Maltais. À l’échelle de la capitale, elle garde aussi en mémoire le travail fait par MM. Landry et Bertrand pour s’assurer que le développement économique de la région passe par une seule organisation plutôt que plusieurs. C’est ainsi que naissait Québec international.

À l’échelle provinciale, elle considère M. Landry comme un vecteur important de transformation. «Avec Jacques Parizeau, il a radicalement changé l’économie québécoise. Ils nous ont fait traverser d’une économie où on était locataire à celle où on devient propriétaire. L’occupation du territoire était aussi primordiale. Pour M. Landry, conserver trois ou quatre emplois dans un village était aussi important que 200 en ville.»