Environ 250 citoyens ont assisté à la première présentation publique du projet Le Phare mardi soir.

Beaucoup de questions sur le projet Le Phare

Environ 250 citoyens ont assisté à la première présentation publique du projet Le Phare mardi soir, une présentation qui a soulevé de nombreux applaudissements, mais aussi amenée de nombreuses questions et inquiétudes de la part de résidents du quartier.

Circulation, impact de l’ombre projetée par les bâtiments, impact des bâtiments sur les vents, harmonisation avec le voisinage, impact sur les commerces de proximité, les interrogations des citoyens étaient multiples.

«Si j’étais de l’extérieur, je serais complètement ébloui par votre projet. Mais en tant que résident, je me sens oublié», a déclaré Jacques Boucher, qui craint de voir son bungalow «disparaître» à la suite de l’implantation du mégacomplexe. 

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«Grâce à vous, aucun enfant ne pourra fréquenter le campus de Rochebelle à pied», a-t-il ajouté à l’intention du promoteur Michel Dallaire. «J’entends ce que vous me dites, mais je vais être honnête avec vous, je ne sais pas quoi vous répondre», a répondu l’homme d’affaires.

Ginette Paquin a pour sa part comparé le projet à «un champignon», à quelque chose de «très haut, pas harmonisé et pas à l’image de la ville de Québec». «On n’a pas la densité pour avoir un projet en hauteur comme celui-là», a-t-elle déploré.

Le jeune designer urbain Charles Gosselin-Giguère a quant à lui critiqué le projet en parlant de «ville à format Costco» plutôt que de ville à échelle humaine. Quant à l’ex-conseiller municipal Henry Jenkins, il a qualifié de «dépotoir» le futur site du phare sur le boulevard Laurier.

Dallaire à l’écoute

Michel Dallaire, le promoteur du projet Le Phare, a pris le temps d’écouter et de répondre patiemment aux questions des participants présents à la première présentation publique de l’édifice qu’il compte construire à Sainte-Foy.

Michel Dallaire a pris le temps d’écouter et de répondre patiemment aux questions des participants. «L’édifice sera incombustible, il n’y a aucune crainte à y avoir. S’il y a un incendie, le bâtiment répondra aux normes et aura ce qu’il faut pour évacuer», a-t-il répondu à un citoyen qui s’inquiétait quant à la sécurité de la résidence pour aînés de 40 étages.

À Renaud Blais, qui lui demandait s’il envisageait de réserver un ou deux étages pour une coopérative d’habitation, l’homme d’affaires a répondu que ce pourrait être possible étant donné qu’il travaille déjà dans d’autres projets avec le programme Accès Logis.

Des citoyens favorables au Phare se sont également fait entendre, comme ce retraité qui se réjouissait de voir que le futur complexe serait probablement la bougie d’allumage de la densification de cette section du boulevard Laurier.

Après la présentation, Michel Dallaire a affirmé aux médias que la soirée s’était déroulée mieux qu’il le pensait. «Je m’attendais à cela, qu’il y ait des critiques et des gens favorables au projet. Il y a des choses qui sont une question de goût et les gens ont le droit de s’exprimer. Les gens ont des préoccupations légitimes et on va essayer d’y répondre.»

Présent sur place, le conseiller municipal Jean Rousseau, de Démocratie Québec, n’a cependant pas été convaincu, déplorant la verticalité du projet. «C’est une création froide et vide qui n’est pas connectée à la réalité du quartier. Ce qu’on nous présente, c’est un fantasme qui ne correspond pas à une ville de 700 000 habitants. On bâtit une île qui vivra en autarcie», a-t-il déploré.