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Bâtiments patrimoniaux: Québec réclame plus de pouvoirs

La Ville de Québec réclamera plus de pouvoirs pour contraindre les propriétaires de bâtiments patrimoniaux à les entretenir.
«Un des enjeux, c'est que la Ville n'a pas tous les pouvoirs qu'elle voudrait pour intervenir sur des propriétés privées, des bâtiments patrimoniaux qui sont en état de détérioration», observe la conseillère municipale Julie Lemieux, responsable du dossier patrimoine. «Quand c'est du domaine privé, c'est assez difficile pour nous d'intervenir.»
«On peut imposer des amendes, mais souvent les amendes sont contestées, ça traîne en longueur, ça s'étire et, en cours de route, les bâtiments se détériorent encore davantage», ajoute-t-elle. «On trouve qu'on est parfois impuissant.»
Les fonctionnaires travailleraient «présentement» sur les demandes qui seront envoyées à l'Assemblée nationale. Montréal aurait déjà obtenu plus de poigne. Québec veut également plus de force. «On se monte un dossier et on va aller voir le gouvernement avec ça.»
Dans la métropole, l'administration peut invoquer des dangers pour la santé et la sécurité pour attaquer les propriétaires récalcitrants, explique Julie Lemieux. Toutes les amendes à recevoir sont inscrites au rôle d'évaluation; impossible de vendre l'immeuble si l'ardoise n'est pas effacée. Les avis de détérioration envoyés par la Ville y apparaissent également, au vu et au su de tous.
«On est une ville patrimoniale, on a ce souci-là de pouvoir intervenir de façon plus musclée», fait-elle valoir. «Nous, nos bâtiments patrimoniaux, on les entretient le mieux possible. On est très méticuleux par rapport à ça. Mais quand on n'est pas chez nous, c'est un petit peu plus compliqué. On veut gagner plus de pouvoirs pour s'assurer que les propriétaires soient conscients de l'importance de les entretenir.»
Faire des choix
La conseillère municipale admet toutefois qu'il faut faire des choix en matière de patrimoine, que tous les immeubles, que tous les sites de valeur, ne pourront être rescapés. «Des vocations pour chaque immeuble patrimonial... ce n'est pas si simple que ça. Les fonds publics ne sont pas infinis. On choisit nos combats. On en fait le plus possible.»
«Mais c'est certain qu'on aimerait ça avoir plus de pouvoirs pour forcer les propriétaires privés à mieux entretenir leurs immeubles patrimoniaux. Dans une ville comme Québec, c'est essentiel. Et c'est ce qu'on va faire valoir au gouvernement.»
Ces propriétaires vont toutefois face à de nombreuses contraintes lorsque vient le temps de rénover un bien patrimonial. Surtout dans le Vieux-Québec, dans l'arrondissement historique de Sillery, autour du Trait-Carré du secteur Charlesbourg, et dans Beauport, le long du chemin Royal. Dans ces «sites patrimoniaux déclarés», le ministère de la Culture a aussi son mot à dire. «Ça s'ajoute à la réglementation municipale qui est en place», note la directrice générale du patrimoine et des institutions muséales, Danielle Dubé.
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Des projets sur la bonne voie
En matière de patrimoine, on ne dénombre pas que des immeubles en décrépitude. Consultant chez Patri-Arch et chargé de cours à l'Université Laval, Martin Dubois présente ici ses distinctions, des projets réalisés ou qui sont sur la bonne voie.
1. Église Saint-Dominique (1930), 175, Grande Allée Ouest
2. Église Saint-Denys-du-Plateau - bibliothèque Monique-Corriveau (1964), 1100, route de l'Église
3. Ancienne église anglicane de Loretteville (1919), 90, boulevard des Étudiants
4. Monastère des Augustines (1639), 75, rue des Remparts
5. Le couvent de Beauport (1885), 11, avenue du Couvent
6. Le moulin à vent de l'Hôpital général de Québec (1731), 350, boulevard Langelier
7. La chaufferie des anciennes serres du parc du Bois-de-Coulonge (1916), 1215, Grande Allée Ouest
8. Les Nouvelles Casernes (1750), Côte du Palais
9. Complexe Lépine Cloutier (1845), 715, rue Saint-Vallier Est
10. Ancien centre de tri postal (1959), 300, rue Saint-Paul