Devant le biologiste Marc-Antoine Couillard, le lieutenant Alain Dubé et le commandant Denis Caron, se trouvent les 2 100 éperlans saisis et le matériel servant à la vente des produits illégaux.

Bas-Saint-Laurent: réseau de braconniers démantelé

RIMOUSKI — Les agents de protection de la faune ont démantelé, mercredi, un vaste réseau de braconniers d’éperlans arc-en-ciel qui sévissait au Bas-Saint-Laurent, principalement à Trois-Pistoles, L’Isle-Verte et leurs environs. L’opération Effiléfin a requis l’intervention de plus de 140 agents du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) provenant de toutes les régions. Plus de 200 suspects, faisant partie de sept cellules, sont impliqués dans ces pratiques illégales.

Amorcée en 2017 et toujours en cours, l’enquête a permis aux agents de réunir suffisamment de preuves pour effectuer l’importante frappe. Jeudi, environ 85 % des gens impliqués avaient été rencontrés. 

Selon le directeur de la protection de la faune pour le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, Denis Caron, au-delà de 40 000 éperlans ont été vendus illégalement depuis le début de l’hiver auprès d’une clientèle répartie entre Rivière-du-Loup et Rimouski.

Le chef du service de protection de la faune du bureau de Rimouski raconte que certains individus pouvaient pêcher jusqu’à 400 éperlans par jour. «La tête dirigeante du réseau pouvait prendre de 15 000 à 20 000 poissons par saison hivernale», évalue Alain Dubé. 

Le dossier des contrevenants sera remis à la Direction des poursuites criminelles et pénales, qui déposera ou non des accusations. S’ils sont reconnus coupables, ces individus sont passibles d’amendes pouvant atteindre plus d’un demi-million de dollars.

Lors de la frappe de mercredi, où neuf perquisitions ont été effectuées, 2100 poissons congelés ont été saisis pour un poids total de 72 kg. Les agents ont aussi mis la main sur six cabanes de pêche, une balance, des carnets de commandes et des factures de clients. Une fois l’expertise complétée, le MFFP en fera don à Moisson Rimouski.

Pour Marc-Antoine Couillard, ces actes de braconnage auront des impacts négatifs sur la population d’éperlans arc-en-ciel, considérée comme une espèce désignée vulnérable. «Les impacts sont sur la population de reproducteurs qui vont aller frayer au printemps, explique le biologiste du Ministère. Par exemple, dans la rivière Trois-Pistoles, on se questionne pour savoir pourquoi l’espèce ne revient pas, alors que la qualité de l’eau s’est améliorée. Avec les éléments qu’on a aujourd’hui, ça nous démontre que la pression faite sur les reproducteurs va avoir un impact sur le recrutement.»