D’après le premier portrait des 11 000 enfants de 0 à 5 ans du Bas-Saint-Laurent, les tout-petits se portent mieux qu’il y a 10 ou 20 ans. Mais, la pauvreté des familles, le tabagisme chez les femmes enceintes et le stress sont des facteurs qui demeurent préoccupants.

Bas-Saint-Laurent: les conditions de vie des tout-petits s'améliorent

RIMOUSKI – D'après le premier portrait des 11 000 enfants de 0 à 5 ans du Bas-Saint-Laurent dévoilé lundi à Rimouski, les tout-petits se portent mieux qu'il y a dix ou vingt ans. Mais, la pauvreté des familles, le tabagisme chez les femmes enceintes et le stress sont des facteurs qui demeurent préoccupants dans le développement de certains de ces jeunes Bas-Laurentiens.

En 2015, 810 enfants de 0 à 5 ans vivaient dans une famille à faible revenu. C'est tout de même 1000 enfants de moins qu'en 1997. «Toutefois, on n'est pas sorti complètement de cette difficulté-là parce qu'on a quand même un revenu plus faible (que dans l'ensemble du Québec)», fait savoir le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, Sylvain Leduc. Le Bas-Saint-Laurent est la deuxième région la plus pauvre du Québec.

Le tabagisme représente un autre enjeu de santé puisque 10 % des femmes enceintes fument la cigarette. «Une grossesse sur dix où les mères continuent à fumer, ça nous paraît beaucoup», déplore le Dr Leduc. Cependant, l'expert ne croit pas que la légalisation du cannabis puisse inciter les jeunes mères à consommer de cette substance pendant leur gestation.

Mères diplômées

Un problème soulevé auprès de presque la moitié des parents sondés aux fins de cette étude repose sur le stress, alors que 46 % d'entre eux croient avoir toujours l'impression de courir toute la journée. Par ailleurs, le niveau de scolarité des mères de nouveau-nés s'est amélioré. De 15 % qu'elles étaient en 2000 à ne pas détenir de diplôme d'études secondaires, elles sont aujourd'hui 8,3 %. «C'est un plus quand la mère a un diplôme et qu'elle peut communiquer sa fierté à ses enfants», estime la directrice générale de COSMOSS (Communauté ouverte et solidaire pour un monde outillé, scolarisé et en santé) du Bas-Saint-Laurent.

Pendant que le nombre de signalements auprès de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) augmentait de 3 % au cours de la dernière année, le nombre impliquant des enfants de 0 à 5 ans diminuait, passant d'environ 750 à 700. De ce nombre, 356 enfants ont fait l'objet d'une prise en charge par la DPJ. Les causes sont variées, mais une tangente demeure, constate la directrice régionale de l'organisme, Anne Duret : «La négligence et le risque de négligence, suivis de près, chez les petits, par l'abus physique ou le risque d'abus physique». La clientèle des 0 à 5 ans compte pour 30 % du nombre total de signalements.