«La police arrête une banane, les gens vont vouloir la voir encore plus!» lance Gabriel Marcoux-Chabot, écrivain, sculpteur et étudiant à la maîtrise en création littéraire, qui est derrière le personnage de Banane Rebelle.

Banane Rebelle continuera de manifester

L'arrestation de jeudi n'a pas fait peur à Banane Rebelle. Tant pis pour le 494$ d'amende, le ludique et «bananarchiste» personnage est bien déterminé à continuer à manifester. Jusqu'à faire «tomber» le gouvernement Charest. Sur une pelure de banane.
Au bout du fil, Gabriel Marcoux-Chabot le confirme: il marchera encore, dès vendredi soir, dans les rues de Québec déguisé en banane.
«La police arrête une banane, les gens vont vouloir la voir encore plus!» lance l'écrivain, sculpteur et étudiant à la maîtrise en création littéraire derrière le personnage de Banane Rebelle.
L'homme de 29 ans s'est fait remarquer jeudi soir, devenant rapidement une star des réseaux sociaux. Au point où le mot-clic #banane est devenu, en fin de soirée jeudi, l'un des plus populaires au Québec.
Banane Rebelle a sa page Facebook (https://www.facebook.com/bananerebelle), où l'auteur y verse de faux articles au ton ludique. Sa devise: «Une banane par soir jusqu'à la victoire». Son objectif: manger chaque soir une banane et laisser la pelure devant l'Assemblée nationale afin de «faire tomber» le gouvernement Charest.
Et l'arrestation de Banane Rebelle n'a pas manqué d'inspirer les utilisateurs de Twitter qui ont passé le début de la nuit de jeudi à vendredi à récupérer des expressions et jeux de mots liés à ce fruit.
Recette de gâteau aux bananes, photos de bananes, formules autour de la «république de bananes» ou de la «bananisation du Québec»: la banane était partout. Même une image du drapeau du Québec où les fleurs de lys ont été remplacées par des bananes à moitié épluchées circule sur le Web.
Tout ça parce qu'à la fin de la manifestation à Québec, vers 23h40 jeudi, un petit groupe a continué de manifester bien que les policiers eussent annoncé que la marche sera déclarée illégale si elle se poursuit.
Cinq minutes plus tard, la police a demandé aux manifestants de se disperser. Ce que n'a pas fait M. Marcoux-Chabot, resté couché sur la chaussée dans son costume de banane avec ses lunettes fumées et cigare au bec.
Résultat: il a reçu une amende de 494$ en vertu de l'article 500.1 du Code de la sécurité routière.
Cet article stipule que «nul ne peut, au cours d'une action concertée destinée à entraver de quelque manière la circulation des véhicules routiers sur un chemin public».
Symbole du mouvement étudiant
En entrevue au Soleil, Gabriel Marcoux-Chabot ne cache pas que d'avoir été interpellé par les policiers a mis en lumière son personnage.
«Mais je n'ai jamais eu l'intention de me faire arrêter, assure-t-il. En créant le personnage de Banane Rebelle, là, oui, par contre, je voulais un symbole et ajouter à ce mouvement. Ce personnage va continuer d'être là.»
Consciente de la force du symbole et de la potentielle récupération d'une telle interpellation, la porte-parole de la Ville de Québec, Sandra Dion, estime que, banane ou pas, les policiers doivent faire leur travail.
«Que la personne ait un costume de mascotte ou non, pour les policiers, c'est un individu, et les policiers interviennent en fonction des faits et gestes de la personne», a-t-elle indiqué.
Gabriel Marcoux-Chabot a laissé entendre vendredi qu'il envisageait de contester son amende de 494$.