L’immigration a volé la vedette lors du débat organisé mardi soir par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec et la Jeune chambre de commerce de Québec.

Baisse des quotas d’immigration: une mesure provisoire, dit la CAQ

Si la Coalition avenir Québec (CAQ) souhaite abaisser le nombre d’immigrants qui entrent au Québec, il s’agit d’une «mesure provisoire», indique sa candidate Joëlle Boutin. Une fois que le ministère de l’Immigration sera remis sur les rails, la CAQ ajustera ce nombre à la hausse.

«Personne n’est contre l’immigration ici, je crois. Seulement en ce moment, le ministère de l’Immigration a de la difficulté à traiter les dossiers. Il y a à peu près 26 000 dossiers d’immigrants économiques qui sont stagnés» a exposé Mme Boutin lors d’un débat au Centre des congrès de Québec mardi soir, qui l’opposait à Sébastien Proulx (Parti libéral du Québec), à Diane Lavallée (Parti québécois-PQ) et à Sol Zanetti (Québec solidaire-QS).

Aux journalistes après le débat, Mme Boutin a précisé que la CAQ allait procéder à «une refonte du ministère de l’Immigration, afin d’améliorer l’intégration des immigrants au Québec.» Une fois cette refonte complétée, dans un laps de temps que Mme Boutin n’a pas voulu préciser, la CAQ ajustera les seuils d’immigration. «C’est sûr qu’à long terme, on n’aura pas le choix de réaugmenter tranquillement. Mais là, momentanément, il faut diminuer pour s’adapter.»

Cette intervention de la candidate caquiste dans Jean-Talon survient la même journée où son chef François Legault a dit craindre que les libéraux, s’ils sont réélus, ouvrent toutes grandes les portes à l’immigration, comme l’a fait Jean Charest après son élection en 2003. M. Legault s’est engagé ces derniers jours à faire passer de 52 000 à 40 000 le nombre d’immigrants que recevra le Québec dès la première année de son mandat. 

Le fédéral blâmé

Lors du débat, Sébastien Proulx a condamné l’intention de la CAQ d’abaisser le nombre d’immigrants au Québec et a défendu son gouvernement, qui a instauré de nouvelles façons de faire en immigration depuis le mois d’août. Il reconnaît toutefois que des problèmes subsistent et que des dossiers doivent être débloqués. Selon lui, «l’éléphant dans la pièce, c’est le fédéral, qui aura un travail à faire parce qu’il devra faciliter ses affaires», a-t-il plaidé. 

Pour M. Proulx, la pénurie de main-d’œuvre est «le principal enjeu en ce moment, à Québec et au Québec». Et sans être la seule solution, l’apport de travailleurs étrangers est important. 

Mme Boutin a convenu que la pénurie de main-d’œuvre «existe à Québec», mais elle a rejeté la faute sur les libéraux qui «malgré les signaux d’alarme clairs», n’ont pas agi ces dernières années et ont été incapables «d’anticiper le changement démographique». 

Le débat a également porté sur les PME et le transport dans la grande région de Québec : sujets pour lesquels les candidats ont répété les positions de leurs partis respectifs. Organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, de même que par la Jeune chambre de commerce de Québec, le débat a attiré une centaine de personnes — surtout des candidats, du personnel politique et des médias. 

À quelques moments dans la soirée, le débat a pris l’allure de deux combats distincts. Si Sébastien Proulx et Joëlle Boutin ont souvent échangé des tirs, la péquiste Diane Lavallée et le solidaire Sol Zanetti ont aussi eu quelques prises de bec. Mme Lavallée a soutenu que les propositions du PQ étaient plus «réalistes» que celles de QS, tandis que M. Zanetti a reproché à sa rivale de ne pas être assez indépendantiste.