Le maire Marc Tremblay, élu en novembre dernier, réclamait la tutelle de Québec depuis les premiers jours de son élection.

Baie-Trinité mise sous tutelle, son maire démissionne

BAIE-TRINITÉ — Baie-Trinité est maintenant sous la tutelle de la Commission municipale du Québec (CMQ). La petite localité de la Côte-Nord, déjà sous la loupe de la Commission depuis quelques mois, perd dans la foulée son maire fraîchement élu, qui démissionne devant le chaos des affaires de la municipalité et le manque de collaboration de l’opposition.

Cette tutelle, qui est immédiatement entrée en vigueur, fait suite au rapport de l’observateur de la CMQ, mandaté pour vérifier l’administration et l’application des lois qui régissent les municipalités. «L’état de chaos et de désorganisation totale» règne dans la gestion municipale, avait relevé la Commission.

L’observateur avait ainsi noté une kyrielle de manquements dans l’administration municipale, recommandant entre autres le remplacement immédiat du directeur général Gérald Jean, inapte à faire ce travail selon la Commission. Ce dernier a rapidement démissionné après le dépôt du rapport, en décembre. Depuis, Baie-Trinité est sans directeur général.

Le maire Marc Tremblay, élu en novembre, réclamait la tutelle de Québec depuis les premiers jours de son élection. Il se réjouit de la décision, approuvée mardi après-midi par le Conseil des ministres du gouvernement du Québec. Malgré cela, il va présenter ce mercredi matin sa démission aux autres membres du conseil municipal.

«Trois mois, ce n'est peut-être pas beaucoup, mais j'ai vu l'ampleur du travail qu'il y a à faire et ce n'est pas réaliste de penser qu'on pourra passer à travers», a lancé le maire démissionnaire. «Je pense que c’est la meilleure décision que le gouvernement débarque là-dedans, avec ses moyens, et l’UPAC aussi», a-t-il ajouté.

Rencontre avec l'UPAC

En effet, des enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption ont récemment rencontré le maire Tremblay dans les bureaux municipaux. Selon le maire, ce n’était pas la première fois que l’UPAC s’arrêtait dans la localité de 450 résidents, à une centaine de kilomètres à l’est de Baie-Comeau.

De plus, selon M. Tremblay, le dialogue semble désormais impossible à la table du conseil alors que l’opposition, fortement identifiée à l’ex-maire Denis Lejeune, occupe quatre des sept sièges. «L’opposition n’a pas de volonté de s’entendre», lance le maire, qui avoue que la confiance entre les deux parties en a pris pour son rhume depuis l’épisode du contrat secret entre M. Lejeune et le précédent conseil.

En effet, quelques semaines après sa démission en août 2017, soit 25 mois après qu’il ait été reconnu coupable d’agression sexuelle sur un employée municipale (la sentence avait été suspendue), Denis Lejeune avait signé un contrat de consultant avec la municipalité.

Durant la campagne électorale, les candidats du conseil sortant ont assuré à qui voulait l’entendre qu’il n’y avait pas de contrat entre M. Lejeune et la municipalité. Le chat est sorti du sac lors de la première séance du nouveau conseil, au grand dam de M. Tremblay et des citoyens dans l’assistance.

Rappelons que le précédent conseil avait aussi autorisé un montant de près de 20 000 $ pour payer les frais d’avocat encourus par Lejeune dans son dossier d’agression sexuelle.