Alexis, Thomas, Élizabeth et Maxyme étaient fiers de mesurer le chemin parcouru depuis qu'ils ont été traités pour leur toxicomanie au Portage.
Alexis, Thomas, Élizabeth et Maxyme étaient fiers de mesurer le chemin parcouru depuis qu'ils ont été traités pour leur toxicomanie au Portage.

Avoir la force de se reprendre en main

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Ils ont en commun d’avoir tout perdu à cause de l’alcool et des drogues. Mais aussi d’avoir eu la force de reprendre leur vie en main.

Ils s’appellent Maxyme, Alexis, Thomas et Élizabeth. Cette force qui les habitent, ils l’ont trouvée en eux, aidés par l’organisme Le Portage, qui reconnaissait dimanche le chemin vers l’abstinence parcouru par 202 participants inscrits à l’un des ses programmes.

Élizabeth, 25 ans, témoigne à la fois de la fragilité de l’être et de sa persévérance. «La toxicomanie, c’est insidieux. Quand on a perdu beaucoup de plumes, on n’a pas le choix d’accepter l’aide offerte. C’est ma troisième thérapie», avoue-t-elle. 

Pourquoi trois? Parce qu’elle s’est mise à risque après les deux premières. Son travail dans la restauration l’exposait à des tentations. Aussi peut-être parce qu’elle suivait les thérapies pour les mauvaises raisons. «Il faut que ça vienne de nous. Il ne faut pas le faire pour les autres. L’amour m’a motivé à suivre cette thérapie parce que je voulais renouer avec mon copain. Mais en cours de route, j’ai aussi découvert autre chose qui venait de moi», explique-t-elle encore.

Dimanche, elle était abstinente depuis maintenant cinq mois, a-t-elle pris soin de souligner, visiblement fière. Elle projette maintenant de compléter un baccalauréat en orientation dès janvier.

Tout perdre en une semaine

Il n’a que 18 ans et Maxyme peut dire qu’il a déjà perdu son emploi, son appartement et son statut d’étudiant... la même semaine. Il parle ouvertement de ce qu’il inspirait pour ses proches. «J’étais rendu lourd pour tout le monde autour de moi. Il y a des gens qui se sont épuisés à vouloir m’aider. Ils ont fui. Ils se demandaient si le vrai Maxyme n’était pas celui que j’étais devenu», reconnaît-il.

Maxyme version 2017, le vrai souhaite-t-il, est abstinent depuis sept mois et demi. La demie compte ici parce que tous savent que les démons peuvent ressurgir. Heureusement, il y a les projets. Et ça aussi, tous en ont.

C’est le cas de Thomas qui était rendu «invivable» avant son entrée à Portage en 2016. Aujourd’hui, il a des rêves pleins la tête et la capacité de les articuler. «Je ne veux plus retourner là-dedans. Je travaille et je vais à l’école. Je veux devenir entrepreneur. Je fais des choix de vie qui ne sont plus compatibles avec qui j’étais auparavant», lance-t-il du haut de ses 17 ans.

Alexis, 19 ans, est sobre depuis maintenant 20 mois. Il a lui aussi des projets, mais son abstinence tient également de l’amour pour sa mère, à qui il a rendu hommage. «Avant que j’entre à Portage, elle vivait une dépression. Mais elle ne m’a jamais abandonnée. Aujourd’hui, elle est décédée. Avant qu’elle meure, j’ai pu renouer une relation normale avec elle. Je sais qu’elle me regarde d’en haut. C’est vraiment la femme de ma vie.»