Autoroute Robert-Bourassa: covoiturage nuisible, selon Accès transports viables

Permettre le covoiturage dans les voies réservées aux autobus de l'autoroute Robert-Bourassa équivaut à une fermeture pure et simple du seul corridor nord-sud de transport en commun à Québec, considère Accès transports viables (ATV).
«On va se dire les vraies affaires : cette mesure n'est qu'un subterfuge pour fermer la seule voie réservée au transport en commun dans l'axe nord-sud», a déclaré mercredi Christian Savard, président d'Accès transports viables, dans un communiqué de presse.
En entrevue téléphonique, il était tout aussi fâché de ce projet pilote annoncé pour l'automne. «Il y a des gens qui sont carrément en guerre contre cette voie réservée là depuis le début», selon M. Savard. Leur seul but serait «que les autos aient plus de place», a-t-il ajouté.
Trois autoroutes (Robert-Bourassa, Henri-IV et Duplessis) lient le secteur de Sainte-Foy, en plein développement, au nord de la ville, en plein développement aussi. Sur le lot, seulement deux voies, une dans chaque direction, sont réservées exclusivement aux véhicules du Réseau de transport de la Capitale (RTC). Il y en a 500 qui passent par là les jours de semaine.
Une erreur
Les ouvrir aux automobilistes constitue une erreur, répète M. Savard, car elles vont se remplir d'automobiles qui vont plomber la vitesse des autobus et diminuer l'attrait du transport en commun. Si ce n'est pas cet automne, lors du projet pilote, ce sera un peu plus tard, selon le président de l'organisme à but non lucratif. Or une fois que les automobilistes auront commencé à rouler à gauche, ce sera bien difficile de modifier leurs habitudes, dit-il.
Accès transports viables était d'avis, comme le maire Régis Labeaume lors du lancement de l'étude sur le covoiturage, qu'il valait mieux attendre les conclusions et recommandations avant de faire des essais sur le terrain.
Et contrairement aux politiciens, qui parlent de covoiturage dès qu'il y a deux personnes à bord, adulte ou enfant, ATV croit qu'il faut exiger un minimum de trois personnes pour avoir un effet sur le trafic. «Tu ne peux pas réduire le nombre d'autos sur la route si tu calcules un parent avec son enfant », donne en exemple Christian Savard.
Le président du RTC, Rémy Normand, a refusé mercredi de commenter l'arrivée imminente des automobiles dans la voie réservée pour les autobus. La seule réaction est venue de la porte-parole du transporteur public. «Tout comme nous le faisons dans la réalisation de l'étude sur le covoiturage, nous allons collaborer avec les intervenants du projet pilote afin d'assurer son succès», a fait savoir Julie Drolet.