Le ministère des Transports et la Ville de Québec entreprendront la construction d'un mur antibruit de 10 millions $ sur 2 kilomètres entre les boulevards de l'Atrium et Jean-Talon Ouest.

Autoroute laurentienne : un mur antibruit construit... en 2018

Après des années d'attente, les oreilles des riverains de l'autoroute Laurentienne profiteront d'un répit : le ministère des Transports et la Ville de Québec entreprendront finalement la construction d'un mur antibruit de 10 millions $ sur 2 kilomètres entre les boulevards de l'Atrium et Jean-Talon Ouest. Il faudra toutefois attendre 2018, même 2019.
La mairie et le gouvernement supérieur viennent de conclure une entente pour la surveillance des travaux, confirme au Soleil un porte-parole municipal, David O'Brien. «C'est le MTQ qui construit. Nous on paye la moitié de la facture.»
Et elle sera un peu pimentée cette facture, nous apprend un document récemment diffusé par la Ville : «Les coûts de réalisation du projet sont évalués à 10 029 316 $ excluant les taxes.»
Histoire de ne pas influencer les entrepreneurs qui soumissionneront afin d'édifier le mur, le MTQ ne confirme pas ce montant. Le porte-parole, Guillaume Paradis évoque plutôt un contrat valant «entre 5 et 10 millions».
Alors, quand sera lancé le chantier? «On va aller en appel d'offres un petit peu plus tard en 2017, pour être en mesure de débuter dès le printemps 2018», précise-t-il. «Il y aura de la finalisation réalisée en 2019, mais on parle notamment de plantation d'arbustes et des choses du genre. On ne sera pas dans les gros travaux. Mais on va venir finaliser en 2019.»
Cèdre et roche
«Un mur antibruit de 2 kilomètres, c'est quand même une bonne structure», poursuit-il. «Le mur est particulier par rapport à ce qu'on voit ailleurs sur le réseau autoroutier. C'est un mur qui est en panneaux de cèdre et laine de roche. On utilise plus du matériel organique.»
«Le projet pilote que nous avons réalisé jusqu'en 2014 nous a permis de voir que cette technique-là de construction serait efficace en fonction des conditions du milieu alors c'est celle-là qu'on va utiliser», note Guillaume Paradis. «Il va permettre de réduire de façon assez importante le bruit.»
Recours collectif
L'excès de bruit est dénoncé depuis des lunes par les riverains. M. Paradis en convient : «Dans le secteur, il y a une problématique qui est connue.»
Excédés par l'insuccès de leurs protestations répétées depuis environ 30 ans, des résidents du secteur ont intenté un recours collectif en 2009. Ils réclament des dommages pouvant atteindre 10 000 $ par année depuis 2006 pour chacun des quelque 1100 participants à la cause.
La pression avait porté ses fruits. En juin 2012, la Ville a contacté le MTQ pour lui demander d'intervenir. Les analyses ayant confirmé un niveau sonore au-delà des normes dans certaines résidences du côté est de Laurentienne, les parties avaient convenu d'ériger un premier pan de mur de 250 mètres dans le cadre d'un projet pilote. Il aura fallu attendre avril 2014 pour que ledit bout de mur soit construit un peu au sud du boulevard Jean-Talon, puis que des experts confirment son efficacité. Depuis, les citoyens attendent le prolongement du rempart feutrant.