Aucun manque d'espace au cimetière de Saint-Apollinaire

Invoqué par les opposants au projet de cimetière musulman à Saint-Apollinaire, le prétendu manque d'espace au cimetière catholique de l'endroit est un argument qui ne tiendrait pas la route. On y retrouve en effet une quarantaine de lots invendus et près d'une cinquantaine de niches dans son tout nouveau columbarium.
Lors de la consultation publique tenue mercredi soir, plusieurs opposants au projet disaient souhaiter plutôt un cimetière multiconfessionnel «parce qu'il ne resterait que huit lots au cimetière catholique de Saint-Apollinaire».
Rien de plus faux, selon M. Jean-Marc Montreuil, responsable de l'entretien du cimetière pour la Fabrique de Saint-Apollinaire. «Il reste une trentaine de lots pour des cercueils et plus d'une dizaine de lots pour des urnes qui ne sont pas encore vendus. Ajoutez à cela les 48 niches du columbarium», a-t-il expliqué au Soleil.
M. Montreuil ajoute que plusieurs personnes possèdent déjà un lot où ils pourront inhumer les dépouilles ou les cendres des membres de leur famille. «Je ne vois aucun problème de manque d'espace à l'horizon, et même si ça arrivait, il y a un terrain voisin que la Fabrique pourrait acheter pour agrandir», poursuit-il.
La secrétaire de la Fabrique, Micheline Martineau, ne comprenait pas non plus où les opposants au projet de cimetière musulman avaient pris leurs informations. «Je l'ai entendue moi aussi, mais je ne sais pas d'où ça part, cette histoire qu'il ne resterait que huit lots disponibles», a-t-elle déclaré au Soleil.
De plus, aucun des trois entrepreneurs de pompes funèbres présents à Saint-Apollinaire n'a vu l'un de ses clients avoir de la difficulté à dénicher un lot dans le cimetière local. 
Surprise
Sylvain Roy, de l'entreprise Harmonia, qui porte avec la communauté musulmane de Québec le projet de cimetière, a d'ailleurs sursauté mercredi quand il a entendu des gens invoquer cet argument.
«J'ai été extrêmement surpris d'entendre ça. Aucun de mes clients n'a vécu ce genre de situation. Dans ce dossier, il y a plusieurs personnes qui disent des choses dont on ne sait pas trop d'où elles viennent.»
«D'autant plus que 50 % des personnes qui décèdent au Québec n'aboutissent pas dans un cimetière confessionnel», ajoute Garry Lavoie, directeur général de la Coopérative funéraire des Deux Rives. «Les familles des personnes incinérées peuvent disposer des cendres des défunts comme elles le désirent et plusieurs personnes sont maintenant inhumées dans des cimetières non confessionnels comme ceux de Harmonia, de La Souvenance ou d'Athos.»
Popularité de l'incinération
De plus, l'attrait grandissant des Québécois pour l'incinération, qui opteraient maintenant à 75 % pour ce mode de disposition de leur corps, vient changer la donne. «La tendance est donc beaucoup plus au columbarium qu'au cimetière», poursuit M. Lavoie.
Quant à Pierre Dupuis, propriétaire du salon Beaudoin-Ferland-Dupuis, il n'a lui non plus jamais entendu parler de familles incapables d'obtenir un lot. «Il reste de l'espace au cimetière et même si Saint-Apollinaire grossit, c'est quand même une population jeune», fait-il remarquer.