«Ça prend des Québécois, ça prend des Canadiens progressistes dans l'action, pas dans l'opposition», a lancé Justin Trudeau lors d'un rassemblement à Milton samedi après-midi.

Au début d'un dernier blitz, Trudeau interpelle les Québécois

HAMILTON — Le chef libéral Justin Trudeau a interpellé les électeurs québécois à plusieurs reprises pendant qu'il faisait campagne en Ontario, samedi, au début d'un dernier blitz électoral avant le scrutin.

Refusant de s'avancer sur le scénario de plus en plus probable d'un gouvernement minoritaire, Justin Trudeau a continué de répéter comme un mantra qu'il faut élire «un gouvernement progressiste et non une opposition progressiste».

«Je veux parler en tant que Québécois directement aux Québécois», a-t-il lancé en conférence de presse à Hamilton en matinée.

«Est-ce qu'on choisit d'avancer avec un gouvernement avec des Québécois forts comme Steven Guilbeault [...]? Ou est-ce qu'on choisit d'être en opposition, pour avoir peut-être une voix forte, mais pas une voix qui porte à travers le pays, à travers le monde?» a-t-il demandé.

Justin Trudeau a lancé le même appel lors d'un rassemblement à Milton en après-midi.

«Ça prend des Québécois, ça prend des Canadiens progressistes dans l'action, pas dans l'opposition», a-t-il réitéré, en citant la lutte contre les changements climatiques ainsi que la défense des droits des femmes et des communautés francophones minoritaires comme exemples de valeurs québécoises.

À deux jours des élections, l'itinéraire de M. Trudeau devait le conduire dans pas moins de trois provinces en une seule journée, avec des arrêts prévus en Ontario, au Manitoba et en Alberta.

Une «priorité» souvent omise

Même s'il en fait rarement mention ces jours-ci, le chef libéral a maintenu samedi que la réconciliation avec les Premières Nations, les Métis et les Inuits demeure une de ses priorités.

À titre de premier ministre, Justin Trudeau a souvent déclaré qu'aucune relation n'est plus importante pour lui que celle entre le Canada et les peuples autochtones — une formulation qu'il avait même incluse dans les lettres de mandat de chacun de ses ministres.

Le premier budget de son gouvernement, déposé en 2016, consacrait près de 8,4 milliards $ sur cinq ans à l'amélioration des conditions de vie des peuples autochtones, ce qui avait été salué à l'époque comme un investissement sans précédent.

Au cours de la présente campagne électorale, Justin Trudeau a annoncé quelques promesses concernant plus spécifiquement les peuples autochtones, notamment en matière de soins de santé et de transition énergétique.

Mais ces enjeux n'ont été que brièvement mentionnés — ou même carrément passés sous silence — dans ses discours.

Questionné à ce sujet, samedi, Justin Trudeau s'est défendu en citant le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, qui a affirmé que son gouvernement avait fait plus pour les Premières Nations que tout autre gouvernement dans l'histoire du Canada.

«Mais nous savons aussi qu'il y a encore beaucoup à faire», a reconnu Justin Trudeau.

Perry Bellegarde avait d'ailleurs partagé sa profonde déception à l'égard de la décision du gouvernement de porter en appel le jugement du Tribunal canadien des droits de la personne, qui lui ordonnait de verser des milliards de dollars en indemnisation aux enfants confiés au système de protection de l'enfance dans les réserves.