Depuis qu'Influence Communication analyse les contenus médiatiques, aucune autre nouvelle québécoise que l'attentat de Québec n'a reçu pareil écho à l'international en 48 heures.

Attentat de Québec: un écho médiatique international sans précédent

En deux jours, l'attaque à la Grande Mosquée de Québec est devenue la nouvelle québécoise la plus citée par les médias étrangers depuis le début des années 2000. En deux semaines, elle s'est progressivement estompée pour redonner leur place aux grands évènements et aux bonnes tables de la capitale. Le maire Régis Labeaume est soulagé.
«Les gens font la différence entre Québec la sécuritaire et Québec qui a vécu un évènement malheureux», a résumé le maire de Québec en conférence de presse, puis en ouverture du conseil municipal, lundi.
La Ville de Québec a demandé à Influence Communication d'analyser les retombées médiatiques internationales de la fusillade ayant fait six morts au Centre culturel islamique de Québec, le soir du 29 janvier.
Le président de la firme, Jean-François Dumas, a confirmé que la couverture médiatique des malheureux évènements était sans précédent au Québec.
Depuis qu'Influence Communication analyse les contenus médiatiques, aucune nouvelle québécoise n'a reçu pareil écho à l'international en 48 heures. Environ 85 000 articles de journaux et web et 2,9 millions de minutes de temps d'antenne ont été recensés pendant cette période. C'est l'équivalent de plus de cinq ans de travail dans les médias québécois pris dans leur ensemble.
Près de trois millions de messages ont également été publiés sur ce thème dans les médias sociaux. C'est plus que les 2,7 millions de messages touchant le Québec retrouvés sur les Facebook et Twitter de ce monde pour l'année 2016 au grand complet.
Les 30 et 31 janvier, la fusillade était même la deuxième nouvelle la plus médiatisée dans le monde. Seule la tragédie de Lac-Mégantic s'était hissée au même rang en juillet 2013, a souligné M. Dumas.
Par contre, deux semaines après l'attentat, les thèmes classiques des nouvelles internationales sur Québec avaient repris le haut du pavé, soit le tourisme et les bonnes tables ainsi que les évènements thématiques, comme le Carnaval de Québec qui battait alors son plein.
Pour le maire Labeaume, c'est le signe que «l'image positive de la ville habituellement véhiculée à l'international a été préservée» et que «l'évènement aura donc eu un très faible impact négatif jusqu'à maintenant». «On ne présume pas de l'avenir, c'est une photographie qu'on a», a-t-il toutefois pris soin d'ajouter.
Pas de panique
Des vérifications faites par l'Office du tourisme de Québec (OTQ) ont également démontré qu'il y avait eu peu d'annulations de voyages après l'attentat et que les touristes étaient toujours au rendez-vous et intéressés par la destination. «Le bilan de 2016 s'est avéré excellent sur tous nos indicateurs. L'année 2017 s'annonce encore meilleure sur le plan des croisières et du tourisme d'affaires», s'est réjoui André Roy, le directeur de l'OTQ.
Pas de panique perçue non plus du côté des personnes désireuses d'immigrer à Québec ou des entreprises voulant y investir.
Selon M. Labeaume, la réaction des citoyens de Québec a contribué à refroidir les ardeurs médiatiques. «La rapidité avec laquelle les gens de Québec se sont rassemblés, en fait 24 heures, ça a été phénoménal. L'espèce d'empathie de la population pour la communauté musulmane aura été assez éclatante. [...] Moi, je pense que ça nous a beaucoup aidés», a-t-il lancé.
Le maire admet tout de même qu'il devra ajuster son argumentaire sur la sécurité à Québec. Il compte toujours évoquer le bas taux de criminalité comme un avantage pour la ville et traiter la fusillade comme «un évènement à part».
Il demandera également conseil à ses collègues maires de villes comme Bruxelles, Paris et Boston, qui ont dû composer avec des attentats dans les dernières années tout en se dissociant de la mouvance terroriste. «Je ne veux pas trop en parler parce que ça nous met dans une catégorie de villes qui ne me tente pas trop, mais on va communiquer avec ces gens-là pour voir comment ils ont mesuré et comment ils ont procédé par la suite», a précisé M. Labeaume.