Avant que M. Trudeau ne prenne la parole, ces jeunes semblaient tous d’avis que la question de la légalisation du cannabis était celle qui intéressait le plus les adolescents.

Assemblée publique du PM : pas un mot sur la marijuana

Le premier ministre Justin Trudeau a été chaudement applaudi par une foule acquise d’avance jeudi soir à l’école secondaire de Rochebelle. Une assemblée publique où la question de la légalisation de la marijuana, qui intéressait pourtant plusieurs jeunes présents, n’a toutefois jamais été abordée en plus d’une heure trente.

Environ 1 080 personnes s’étaient déplacées pour assister à l’événement et même si la foule était largement derrière le PM, la foule ne comptait pas que des partisans du Parti libéral ou de Justin Trudeau.

Un individu aux opinions politiques ambiguës s’est même levé vers la fin de l’assemblée, brandissant un drapeau canadien à l’envers sur lequel était dessinée une croix gammée et les mots «Fig Leaf Evil Empire». 

Vociférant en anglais, l’homme a vite été expulsé des lieux par la sécurité. «Merci monsieur, mais c’est un discours qui n’a pas sa place ici», a simplement déclaré M. Trudeau, ajoutant qu’il avait vu le même homme dans un événement semblable tenu à London, en Ontario. 

Le militant d’extrême-droite Dave Tregget, chef de Storm Alliance, s’était aussi invité sur place avec cinq autres membres de son organisation, tous bien identifiés et vêtus de manteaux ou de tuques frappées du logo de Storm Alliance.

Tregget et sa bande n’ont cependant pas troublé le déroulement de l’assemblée, choisissant même de quitter avant la fin. 

En réponse à une citoyenne qui s’inquiétait du racisme suite à l’expulsion de l’homme au drapeau, Justin Trudeau a assuré que celui-ci ne serait pas accusé pour son intervention. «La réalité, c’est que les gens haineux et ignorants ne sont qu’une très petite minorité. La majorité silencieuse est bonne, ouverte, généreuse et pleine d’empathie», a-t-il affirmé. 

Un péquiste

Un membre de l’aile jeunesse du Parti québécois, Étienne-Alexandre Beauregard, avait aussi réussi à «s’infiltrer» même s’il est loin d’être le plus grand admirateur de Justin Trudeau. 

«Je suis venu poser une question au PM. Je veux savoir s’il a l’intention de faire signer la Constitution au Québec», a déclaré cet élève de cinquième secondaire au Collège Saint-Charles-Garnier.

Étienne-Alexandre n’a pas pu poser sa «question qui tue», mais une autre citoyenne l’a fait, amenant M. Trudeau à déclarer que la réouverture de la constitution n’était pas à l’ordre du jour.

Jeunes et marijuana

Plusieurs élèves de l’école secondaire de Rochebelle ont aussi assisté à l’assemblée citoyenne plutôt que de rentrer à la maison après leurs cours. Certains ont quitté avant la conclusion, mais d’autres sont restés jusqu’à la fin. 

Avant que M. Trudeau ne prenne la parole, ces jeunes semblaient tous d’avis que la question de la légalisation du cannabis était celle qui intéressait le plus les adolescents. «C’est beaucoup ce sujet qui attire les jeunes ici», a expliqué Jérémie Sansfaçon, étudiant de cinquième secondaire. 

Son ami Thierry Noël, lui, n’aime pas entendre dire que les jeunes ne s’intéressent pas à la politique. «C’est une généralisation abusive!», lance-t-il, ajoutant qu’il n’entretenait pas un sentiment négatif envers M. Trudeau.

Même en première secondaire, la marijuana est le sujet politique le plus discuté chez les jeunes, selon Lydia Chabot-Scrosati, 13 ans, qui travaille au journal étudiant «L’Accrocheur». «C’est le sujet dont on entend le plus parler entre nous et non, les jeunes ne sont pas tous pour. J’en connais même plusieurs qui sont contre», a-t-elle confié au Soleil.