Le dossier de la restauration du pont de Québec n'a pas été abordé par les actionnaires du CN réunis mardi à Memphis.

Assemblée générale du CN: pas un mot sur le pont de Québec

Ce devait être l'occasion de plaider haut et fort en faveur de la restauration du pont de Québec. Mais en l'absence des maires de Québec et de Lévis, la rouille du vieux pont n'a pas été portée à l'attention des actionnaires du CN, réunis mardi en assemblée générale.
Le Soleil a suivi sur le Web les présentations et les échanges tenus à Memphis, Tennessee, où avait lieu l'assemblée générale annuelle du CN. La rencontre s'est déroulée rondement, en une heure à peine, et les quelques questions posées à la fin étaient de nature opérationnelle et non politique. 
Régis Labeaume et Gilles Lehouillier ont annoncé début février leur intention d'acheter des actions du CN et d'aller au-devant du conseil d'administration et des actionnaires - ainsi que des médias américains - pour réclamer une nouvelle peinture pour le pont de Québec. À ce moment, la note était estimée à 200 millions de dollars et les différents paliers de gouvernement se portaient volontaires pour en payer la moitié. 
En mars, le CN a publié le sommaire d'une étude comparative des coûts de peinture, faisant grimper la facture à 400 millions $. Les maires de Québec et de Lévis ont contesté vigoureusement cette évaluation. Mais en attendant une contre-expertise, ils ont jugé qu'ils étaient bien mal équipés pour faire une réclamation aux actionnaires du CN. Ils ont donc annulé leur voyage à Memphis. 
Les deux politiciens ont toujours en tête de commander leur propre étude sur les coûts de peinture, mais aucun mandat n'a été accordé encore et les gouvernements supérieurs n'ont pas manifesté l'intention de participer financièrement. «Il n'y a aucune décision prise», a répété mardi Paul-Christian Nolin, attaché de presse du maire de Québec. 
Il pourrait en coûter quelques centaines de milliers de dollars pour une estimation fiable, selon des spécialistes.  
Les maires conservent leurs actions
Les deux villes avaient par ailleurs acheté des actions du CN plus tôt dans le processus. Il y en a pour 5000 $ à Québec et 2500 $ à Lévis. Pour l'instant, les maires ont décidé de les conserver même si elles devaient initialement être revendues au lendemain de l'assemblée du CN. 
«Ce sont de bonnes actions. Ça pourrait être rentable», justifie Florent Tanlet, attaché de presse du maire Lehouillier, qui veut garder toutes les portes ouvertes. «On ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve», renchérit M. Nolin du côté de Québec.