La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a indiqué lors de son passage dans la capitale que le fédéral attend un projet officiel de Québec avant de décider où iront les artéfacts.

Artéfacts: la ministre Joly ouverte à étudier un projet à Québec

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, s’est dite «ouverte» dimanche à étudier les projets qui lui seront présentés pour conserver les artéfacts de Parcs Canada à Québec. Le Soleil a profité du passage de la politicienne dans la capitale pour faire le point sur la question.

Où iront les artéfacts? Une question qui semble sur toutes les lèvres, alors que les discussions concernant le lieu de conservation continuent entre le fédéral, le provincial et les administrations municipales respectives.

Mélanie Joly affirme que, dans ce contexte, son gouvernement préférera attendre qu’un projet officiel soit déposé avant de prendre sa décision finale. «Je pense qu’à Québec, on doit se doter d’une infrastructure adaptée. En ce sens-là, il faut qu’un projet soit présenté, et après, au fédéral, on pourra financer», lance-t-elle en début d’entretien en marge de la cérémonie d’ouverture de la Bourse RIDEAU.

Questionnée à savoir si une décision avait été prise lors de sa récente rencontre avec le maire Régis Labeaume, Mélanie Joly demeure plutôt évasive. «Je peux vous dire qu’il y a une ouverture de la part du gouvernement fédéral pour pouvoir, premièrement, donner accès aux artéfacts, et deuxièmement, soutenir une infrastructure culturelle où on pourra les présenter au public», répond-t-elle.

Elle soutient que son gouvernement a «massivement investi en infrastructures culturelles» depuis 2015, et qu’il est toujours intéressé à le faire, à condition d’avoir de bons projets sur la table.

D’un palier à l’autre

Plus tôt cette semaine, l’attaché de presse de la ministre de la Culture du Québec Marie Montpetit affirmait dans Le Soleil que «la porte n’est pas fermée» avec le fédéral pour une conservation à Québec. «On étudie différents scénarios pour que les artéfacts demeurent [ici]», avait-on alors indiqué.

Là-dessus, Mme Joly souligne avoir de très bonnes relations avec sa collègue provinciale, un avantage dont elle entend tirer profit pour prendre une décision éclairée. «On est toujours prêts à travailler avec Québec, poursuit la ministre du gouvernement Trudeau. J’ai bien hâte de voir la politique culturelle que va présenter le gouvernement [Couillard]. J’espère que, pour le secteur culturel, il y aura de nouveaux réinvestissements.»

Il faut demeurer prudents et réfléchis dans de tels dossiers, dit la ministre Joly, dans le contexte où «l’enjeu est très complexe et qu’il y a des millions d’artéfacts». Elle indique croire en une bonne entente, dans les délais les plus raisonnables qui soient.

«Il y a deux choses, j’ai envie de dire. Il faut bien les protéger, ces artéfacts, mais aussi les valoriser, et c’est pour ça qu’il y a autant d’investissements à Gatineau. Sauf qu’en même temps, s’il y a des investissements à Québec qui peuvent bien le faire aussi, ce sera d’une pierre deux coups.»

Mêmes objectifs

Malgré des points de vue différents, les trois paliers de gouvernement semblent s’entendre sur une chose, selon Mélanie Joly : celui des objectifs de la conservation, que sont la mise en œuvre et l’installation d’un espace sécuritaire, au bénéfice du public d’abord, peu importe la ville.

La politicienne se dit d’ailleurs profondément attachée au milieu des arts et de la culture de la capitale. «Je pense qu’il y a vraiment un souci de protection du patrimoine qui est spécifique à la ville de Québec. Il n’y a pas une autre ville au pays où je vois autant de consensus sur l’importance de le protéger et de le défendre.»

La prochaine étape dans le dossier? Recevoir un projet concret des acteurs en place, réitère la ministre. «Si on me présente de bons projets, ça va me faire plaisir, comme toujours, de travailler avec mes collègues Jean-Yves Duclos et Joël Lightbound.»

Elle rappelle toutefois que c’est sa collègue Catherine McKenna, ministre de l’Environnement et du Changement climatique, «qui est en charge du dossier et qui pourra faire le suivi plus rigoureux, au niveau du détail des artéfacts».