Dans une lettre datée de mercredi, la ministre Montpetit réitère d’ailleurs la position du Québec «à savoir que les collections demeurent à Québec, près de leurs lieux d’origine, d’analyse et d’interprétation actuels et qu’elles soient accessibles pour des fins de recherche et mises en valeur».

Artefacts de Parcs Canada: Québec maintient la pression

Malgré des signaux contradictoires en provenance de l’Outaouais, les discussions se poursuivent pour conserver à Québec les artéfacts de Parcs Canada.

«La porte n’est pas fermée. On communique [avec le gouvernement fédéral] régulièrement. On étudie différents scénarios pour que les artéfacts demeurent à Québec», a indiqué jeudi l’attaché de presse de Marie Montpetit, la ministre de la Culture du Québec.

Mathieu Larouche a souligné que les deux parties sont d’accord à l’effet qu’il faut sortir la collection fédérale des entrepôts temporaires de l’avenue Newton et de Beauport. Le gouvernement provincial veut la diriger vers le mégacentre archéologique planifié au pavillon Camille-Roy du Séminaire de Québec, où seraient aussi entreposés ses propres artéfacts ainsi que ceux de la Ville de Québec et de l’Université Laval. 

Dans une lettre datée de mercredi, la ministre Montpetit réitère d’ailleurs la position du Québec «à savoir que les collections demeurent à Québec, près de leurs lieux d’origine, d’analyse et d’interprétation actuels et qu’elles soient accessibles pour des fins de recherche et mises en valeur». 

«Le déménagement de ces collections serait donc une perte importante pour la Ville de Québec qui aurait des conséquences significatives pour le milieu de l’archéologie et de la recherche», poursuit-elle, non sans rappeler la motion unanime de l’Assemblée nationale sur le sujet. 

Cette position est contraire aux vœux d’Ottawa, qui avance vers la construction d’un centre national de conservation de toute la collection d’artéfacts de Parcs Canada. 

Le gouvernement fédéral a d’ailleurs annoncé mercredi que Moriyama and Teshima Architects et NFOE Architectes de Montréal allaient concevoir le bâtiment qui doit ouvrir en 2020 à Gatineau. C’est dans ce contexte que le secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et député du coin, Steven MacKinnon, a affirmé que les artéfacts de Québec y seraient obligatoirement acheminés. 

Moins formel

Lors d’un entretien téléphonique avec la ministre québécoise de la Culture, jeudi, il semble que la ministre Catherine McKenna, responsable de Parcs Canada, était moins formelle. Cette dernière doit encore discuter avec le maire de Québec vendredi. Le sujet sera également à l’ordre du jour d’une rencontre entre Régis Labeaume et la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, en fin de semaine. 

«Le projet d’Espace solidaire en archéologie est prêt. L’argent est là», lui redira le maire. Environ 10 millions $ sont nécessaires pour aménager le pavillon Camille-Roy. 

Les collections d’Ottawa, Winnipeg et Cornwall sont déjà assurées de prendre le chemin de Gatineau. Mais celle de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, fera finalement l’objet d’une exception parce que le laboratoire archéologique local est «conforme aux normes de conservation et de sécurité» visées par Parcs Canada, mentionne la porte-parole de l’organisme fédéral, Audrey Champagne. 

Il faut tout de même noter que les députés locaux, même libéraux, se sont mobilisés avec les organismes intéressés au patrimoine pour conserver les artéfacts en Acadie. Aussi, le laboratoire est installé dans une immeuble loué. S’il en retirait les artéfacts, le fédéral devrait tout de même honorer le bail, bon pour une douzaine d’années encore, et acquitter un loyer dépassant les 5 millions $. 

Agnès Maltais, députée péquiste de Taschereau, a affirmé jeudi qu’elle serait «très heureuse» que les discussions entre Québec et Ottawa aboutissent sur une entente pour garder les artéfacts de propriété fédérale à Québec. Mais elle attend «des preuves» parce que «pour l’instant la lettre que j’ai reçue de Parcs Canada est très claire et ça s’en va à Gatineau».

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LE MUNICIPAL, EN BREF

Entente avec Croisières AML pour le bris d’un quai

La Ville de Québec recevra 82 118,83 $ de Croisières AML pour compenser les dommages subis au quai Chouinard après un accident survenu le 26 mai 2014. Au retour d’une excursion sur le fleuve Saint-Laurent, le Louis-Jolliet avait percuté le quai lors des manœuvres d’accostage. Cela en raison d’un bris mécanique dans le système d’embrayage. Quelques passagers avaient subi des blessures mineures. Québec réclamait 93 592,31 $ à son locataire pour les coûts de réparation du quai ainsi que des frais d’administration. Un règlement à l’amiable est intervenu pour un peu moins. La somme sera versée au fonds général de la Ville de Québec. 

Interconnexion inévitable, selon Gilles Lehouillier

«C’est à peu près impensable qu’un gouvernement investirait des milliards de dollars dans un tramway sans assurer des interconnexions. Penser autrement, c’est complètement ridicule.» Qu’importe la position du maire de Québec, qui dit planifier un système de transport en commun structurant exclusivement pour sa ville, le maire de Lévis croit que le gouvernement du Québec va imposer une interconnexion avec Lévis pour améliorer le transport interrives. Gilles Lehouillier n’affiche pas de préférence entre une incursion du tramway de Québec sur le territoire de Lévis et le dépôt des usagers de Lévis à un point de correspondance à Québec. Pour lui, deux critères priment : «Limiter le maximum de transferts et avoir une tarification unifiée.» Avec Josianne Desloges

Québec choisie pour un congrès francophone 

Le Réseau Québec-France et la Fédération France-Québec/francophonie tiendront leur 20e congrès commun à Québec du 5 au 8 octobre. Environ 250 membres des associations cousines discuteront notamment de tourisme culturel et patrimonial, d’engagement citoyen, du rôle des jeunes et de littérature francophone. Dany Laferrière, écrivain québécois et membre de l’Académie française, sera président d’honneur et conférencier. Le gouvernement du Québec a annoncé jeudi qu’il remettait une subvention de 20 000 $ pour la promotion et l’organisation du congrès. 

Consultation publique sur l’hébergement touristique

La population de Québec est invitée à se prononcer sur l’encadrement à donner aux différentes formes d’hébergement touristique, incluant la location de type AirBnb. Dans un premier temps, les conseils de quartier des secteurs les plus concernés organiseront deux ateliers participatifs, les 28 février et 1er mars. Ensuite, la Ville de Québec et l’Office de tourisme de Québec tiendront des «séances d’audition des opinions» les 21 mars (19h) et 22 mars (9h, 14h et 22h) au Club social Victoria. 

Il faut s’inscrire à l’avance pour espérer y prendre la parole. Un questionnaire en ligne est également accessible sur le site web de la Ville de Québec jusqu’au 31 mars. Les résultats de la consultation, qui coûte environ 6000 $ à organiser, nourriront la réflexion du comité de travail mis sur pied pour proposer un nouvel encadrement aux résidences de tourisme, soumises à un moratoire depuis l’automne.