Arrestation de Guy Ouellette: «Je n’aime pas voir ça», dit Couillard

«Je n’aime pas voir ça», a déclaré Philippe Couillard ce midi en parlant de l’arrestation de Guy Ouellette. Le premier ministre invite l’Unité permanente anticorruption à en dire davantage sur cette arrestation pour laquelle il n’y a encore eu aucune accusation.

M. Couillard soutient que la situation «est à la fois grave et exceptionnelle». Il dit avoir beaucoup plus de questions que de réponses sur cette arrestation d’un parlementaire, dont les motifs n’ont pas été explicités par l’UPAC.

Par médias interposés — car il ne peut le lui demander directement ni formellement — le premier ministre a suggéré à l’unité d’enquête d’aller un peu plus loin en disant tout ce qu’elle peut dire sans nuire à son travail. Il veut qu’elle fournisse «le plus de précisions» qu’il lui est possible de donner pour que tous puissent y voir plus clair.

Philippe Couillard n’a pas pris ses distances de Guy Ouellette. Au contraire. Il a même paru l’appuyer. Il l’a félicité d’avoir décidé de s’exprimer au Salon bleu de l’Assemblée nationale.

M. Couillard a par ailleurs éludé les questions sur l’«intimidation» dont aurait fait preuve Robert Lafrenière à l’égard du gouvernement en l’obligeant à le renommer à la tête de l’UPAC après avoir procédé à l’arrestation de l’ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau au printemps 2016.

Il a indiqué laisser chacun libre de faire ses propres analyses, tout en notant, tout de même, que son gouvernement avait reconduit M. Lafrenière dans ses fonctions pour ne pas interrompre les enquêtes qui étaient en cours.

M. Couillard ne dit pas non à la suggestion des partis d’opposition d’entendre Guy Ouellette et Robert Lafrenière en commission parlementaire, mais il soulève des questions quant à cet éventuel exercice. Il faudrait qu’il soit bien balisé, car il serait inusité d’entendre dans une même instance une personne arrêtée et celle qui l’a arrêtée. Le premier ministre a rappelé la nécessaire «séparation» devant exister entre les pouvoirs législatif et judiciaire.

À l’instar de ce qu’a dit lundi le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, Philippe Couillard pense que le projet de loi 107 accordant plus de pouvoirs à l’UPAC doit être amendé. Il devrait comporter des mécanismes de reddition de comptes, de transparence et d’imputabilité, a-t-il dit.