La prestigieuse académie militaire américaine de West Point, qui forme des officiers d'élite, ne sanctionnera pas ses seize élèves, toutes des femmes noires, qui ont levé le poing sur une photo polémique.

Armée américaine: pas de sanction pour les poings levés

La prestigieuse académie militaire américaine de West Point, qui forme des officiers d'élite, ne sanctionnera pas ses seize élèves, toutes des femmes noires, qui ont levé le poing sur une photo polémique.
Une enquête interne a démontré que les élèves «n'ont pas violé les règles du ministère de la Défense ou de l'armée» interdisant le militantisme politique, affirmant dans un communiqué mardi que la photo avait été prise de façon «spontanée» et cherchait à illustrer «unité» et «fierté» plutôt qu'un soutien à un mouvement politique.
La posture de ces 16 jeunes femmes, posant en uniforme gris, debout sur les escaliers de leur bâtiment, a été perçue par certains comme un signe de ralliement implicite au mouvement militant «Black Lives Matter» («les vies noires comptent»).
Tradition
La photo s'inscrit dans une tradition bien ancrée à West Point, selon laquelle les futurs diplômés posent le visage grave, se tenant bien droit, à la manière de leurs prédécesseurs au 19e siècle.
Mais au lieu de lever leur sabre en l'air --ce qu'elles ont d'ailleurs fait sur une autre photo--, les 16 élèves ont déclenché une mini-tempête en levant leur poing dans une école dont les diplômés sont très majoritairement masculins et blancs.
L'académie de West Point se veut un modèle de mixité réunissant des étudiants talentueux de tout le pays, sans distinction ethnique.
Certains officiers d'active et des anciens combattants, choqués, ont jugé leur attitude contraire aux règles militaires, y voyant une référence au poing levé symbole du nationalisme noir pendant les années 1960.
D'autres ont défendu les jeunes femmes, estimant qu'elles étaient plus «Beyoncé» --la chanteuse a récemment sorti un titre polémique évoquant le racisme -- que «Black Panthers».