Ariel a été aperçu pour la dernière fois, le 12 mars, en entrant dans le parc des Bateliers. Les images des caméras de surveillance installées à proximité ne le montrent jamais en ressortir.

Ariel Kouakou: les recherches dans la rivière interrompues

Le Service de police de la Ville de Montréal interrompt ses recherches dans la rivière des Prairies pour retrouver Ariel Jeffrey Kouakou, ce garçon de 10 ans disparu depuis exactement trois semaines dans le quartier Ahuntsic-Cartierville, à Montréal.

Une décision qui a été prise pour assurer la sécurité des policiers. Le courant est très fort dans la rivière et la présence de frasil rend le travail des policiers «trop périlleux», a expliqué lundi l’inspecteur Ian Lafrenière, de la division des communications du SPVM.

Beaucoup d’efforts ont été consentis vendredi et samedi pour tenter d’élucider ce qui est arrivé au jeune Ariel, a fait valoir M. Lafrenière.

Un chien pisteur de la Gendarmerie royale du Canada de Halifax, spécialement entraîné pour détecter la présence de restes humains sous l’eau, a participé aux recherches. Un brise-glace d’Hydro-Québec a permis d’explorer de nouveaux racoins de la rivière et un sous-marin robot de l’Agence des services frontaliers, muni d’une caméra, a été envoyé sous l’eau.

Tous ces efforts ont été vains.

«On espérait vraiment qu’avec toute l’énergie déployée vendredi et samedi et tous les partenaires qui étaient sur le terrain, on espérait enfin répondre aux questions de la famille», a soutenu M. Lafrenière.

En mêlée de presse dans Ahuntsic-Cartierville, le père du petit Ariel, Kouadio Frédéric Kouakou, a dit être content de l’interruption des recherches dans la rivière.

«Ça me donne encore plus d’espoir, je n’ai jamais penché pour la rivière des Prairies, (...) aujourd’hui, plus ou moins c’est ma thèse (de l’enlèvement) qui est encore solide», a-t-il fait valoir.

Le père d’Ariel a salué le travail des policiers, tout en disant qu’il ne peut y avoir de résultat si «les énergies ne convergent pas ensemble».

«Pour nous, notre fils est encore en vie. (...) Aujourd’hui, je suis content que le SPVM se retire, alors nous allons avoir les mêmes énergies qui vont converger dans le même sens maintenant. On va aller tous ensemble vers la thèse de l’enlèvement. Et je leur donne (aux policiers) toute ma bénédiction», a-t-il affirmé.

«Je voudrais vraiment féliciter le corps de police. Pour la première fois depuis que cette histoire a commencé, nous sommes associés avant de prendre une décision importante, même (celle) du retrait du poste de commandement. On a été rassurés. C’est une nouvelle collaboration qui s’installe», a ajouté Kouadio Frédéric Kouakou.

L'enquête se poursuit

Les recherches nautiques ne sont toutefois pas interrompues de manière définitive. Elles pourraient reprendre une fois la glace fondue. «On verra plus tard quel genre de recherches pourront être faites», a expliqué M. Lafrenière.

Des policiers sillonnent encore les berges pour retrouver des indices et le travail d’enquête se poursuit. Une enquête qui est toujours de nature criminelle, puisque le SPVM ne peut avancer avec certitude qu’il s’agit d’un accident.

«La thèse de l’accident est la plus probable, mais les autres thèses possibles, dont l’événement criminel, ne sont pas mises de côté», a assuré M. Lafrenière.

«On a plusieurs caméras de surveillance, on a un témoin très crédible qui place Ariel dans le parc des Bateliers à 11h25 le 12 mars. Mais on ne le voit jamais en ressortir, c’est pour ça qu’on privilégie la thèse de l’accident.»

M. Lafrenière a rappelé qu’une quarantaine de personnes d’intérêt ont été rencontrées par les enquêteurs depuis la disparition d’Ariel. «On ne voulait pas passer à côté de quelque chose», a-t-il mentionné.

Le service de police a également décidé de déplacer le poste de commandement mobile qui se trouvait face au centre commercial Galeries Normandie, sur la rue de Salaberry, pour l’installer au poste de police 10 sur le boulevard O’Brien.

Le public est toujours invité à se rendre au poste de commandement mobile ou à appeler au 911 pour transmettre toute information qui pourrait faire progresser l’enquête.

M. Lafrenière a demandé au public d’attendre la fin de l’enquête avant de critiquer le travail des policiers. «C’est toujours facile de critiquer, a-t-il fait valoir. On s’est fait critiquer d’avoir lancé l’alerte AMBER sans avoir tous les motifs et on s’est fait critiquer de ne pas l’avoir lancée plus tôt. C’est facile de jeter le blâme.»